Message envoyé aux éditions Larousse

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Siège social : Le Port, 50480 CARQUEBUT.
Président : Jacques TORRES.
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Membres du CRI (Collectif des Rapatriés Internautes), nous sommes très attentifs aux parutions et productions diverses qui touchent à l'histoire de notre communauté et à l'interprétation qui en est faite. Notre site Internet http://www.lecri.net  accueille prés de 50 000 visiteurs par an. Nous tenons à vous exprimer une vive protestation concernant l'angle de vue et le contenu de votre publication "France-Algérie, journal d'une passion" qui se prétend être "Une histoire des relations franco-algériennes de 1830 à nos jours" . Nous avons examiné la période 1830 à 1962 qui nous concerne plus particulièrement.
L'énumération de faits  sans analyse des causes et du contexte, ne peut qu'amplifier le malentendu et la mise à l'index de la période française. A ce regrettable manque de profondeur entrevu au fil des pages s'ajoute de honteuses supputations et de malencontreuses erreurs sur des évènements tragiques pour notre communauté notamment en ce qui concerne les journées du 26 mars et du 5 juillet 1962. Sous entendre que la fusillade du 26 mars à Alger serait due à une provocation de l'OAS et à une panique des tirailleurs algériens (mis sciemment en première ligne), tiennent plus de la fable que de la réalité historique. Affirmer qu'il y aurait eu une cinquantaine de morts, alors que les études les plus sérieuses parlent de 80 morts et plus de 200 blessés, et omettre que les corps ne furent pas rendu aux familles révèlent le manque de soucis d'information objective  Idem pour le 5 juillet 1962 à Oran où l'OAS, encore lui, en serait le facteur déclenchant. Même si le conditionnel est employé,  la réalité aurait du vous inciter à préciser que les derniers commandos de l'OAS avaient quitté Oran en fin juin. Pour ces deux drames, le nombre des victimes prêterait à sourire si les sujets traités n'étaient pas aussi sérieux. Assurer qu'il y eut à Oran 26 victimes  alors que 6 heures d'exactions permirent aux joyeux manifestants d'occire plus de 2000 civils et d'en faire disparaître au moins 500 touche à la désinformation la plus honteuse et au mépris des personnes décédées et de leurs familles.
Tous vos chapitres méritent une critique approfondie mais nos observations tiendraient dans un recueil d'un nombre de pages supérieur au votre. Nous sommes ébahis que votre conseiller historique, Monsieur Marseille, ait pu laisser passer de telles énormités. La question de l'utilité de votre ouvrage se pose. Ses répercutions portée par votre réputation de sérieux auront un effet désastreux pour ceux qui désireraient s'informer pleinement sur cette époque douloureuse à plus d'un titre, et qui prendront pour argent comptant, les diverses allégations et imprécisions relevées au fil des pages.

Pp Antoine MARTINEZ
Membre fondateur
Administrateur du CRI

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Messieurs,

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Le 05 juillet 2003 était pour la communauté Pieds-noirs un jour de deuil.
En effet, il y a quarante et un ans dans la ville d'Oran s'est déroulé un carnage faisant plus de 2500 morts et disparus de toutes confessions.

Sauf erreur de notre part nous n'avons ni lu ni entendu le moindre sous-entendu concernant cette journée et l'horreur qui l'a caractérisée. Nous savons que l'actualité était lourde ce jour là : Départs en vacances, essai du grand prix de F1, arrestation de M. Colonna, référendum en Corse, départ du tour de France, décès de M Barry White, défilés de mode, intermittents du spectacle, sécheresse.

Malgré ces informations de première importance, n'auriez vous pas pu glisser juste quelques lignes ou quelques mots en mémoire de tous ces civils qui furent ne vous en déplaise, vos compatriotes ? Est ce "l'année de l'Algérie", les directives de vos rédacteurs ou les motifs politiques qui vous ont bâillonnés de la sorte ? Est ce une auto censure pour éviter de déplaire aux gouvernants de l'Algérie actuelle et à la communauté maghrébine vivant sur notre sol, qui se serait sentie provoquée ? Où presque plus grave, une ignorance favorisée par le bourrage de crane incessant des reportages et téléfilms sciemment orientés ?

En résumé : La presse française est-elle libre ?
Les journalistes français ont-ils encore le courage de divulguer les informations historiques qui ont autant d'importance, nous semble t'il, que l'indépendance des Etats Unis évoquée la veille à grand renfort de tambour ?
Auront-ils un jour le panache d'exposer sur la place publique, comme ils le font aujourd'hui pour les tortures de l'armée française, des faits réels et malheureusement vérifiés qui font aussi partie des tristes réalités de l'indépendance, quitte à cheminer à contre courant de l'idéologie imposée sournoisement ?
Auront-ils la classe et la noblesse de peser le pour et le contre et non de rabâcher des anathèmes qui visent la même direction et les mêmes destinataires ?
Seront-ils un jour les fers de lance de la déontologie journalistique qui consiste à considérer que "les commentaires sont libres mais que les faits sont sacrés" ?
Auront-ils juste l'humanité pour entrevoir le désespoir et la douleur des spoliés et considérer qu'ils furent aussi des victimes sacrifiées sur l'autel de la politique ?
Auront-ils le cran de ces courageux reporters qui au péril de leur vie, sont capables de faire passer l'information avant toute chose ?

C'est ce que nous pouvons espérer. Mais malheureusement, les jours qui passent nous démontrent que nous sommes, plus que jamais,  des oubliés de l'histoire.

Pp Jean Pierre COSTA
    Membre fondateur
Administrateur du CRI

 

Le livre (à ne pas lire) de l'été

FRANCE ET ALGERIE JOURNAL D'UNE PASSION
de Jacques Marseille Chez Larousse

Depuis la prise d’Alger en 1830, la France et l’Algérie nourrissent des relations particulières, parfois violentes, parfois fusionnelles, toujours passionnelles. Ce «miel amer» dont parlait Camus au sujet des rapports franco-algériens est au coeur de ce Journal d’une passion. Loin de se limiter aux seuls aspects de la colonisation et de la guerre d’Algérie, cet ouvrage cherche à rendre toute l’étendue et la profondeur des liens entre les deux rives de la Méditerranée en intégrant notamment les dimensions culturelles, sociales, économiques, sportives... Ni nostalgie, ni critique, le Journal cherche à faire l’état le plus exhaustif possible de ces relations, à l’occasion du quarantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie.

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