ALGER 24 JANVIER 1960
Comme l'autre fois, c'est à l8 heures que tout a commencé. Comme le 13 mai. Sur le Forum où leurs camions bâchés se sont rangés, les gendarmes se forment en carré. " Ils s'apprêtent à descendre, constate notre envoyé spécial Jack Chargelègue qui est témoin des événements. Nous prenons quelques photos paisiblement, n'imaginant pas une seconde qu'ils puissent charger. Soudain, on entend un cri: " Ils chargent ! " Tous les jeunes gens qui dépavaient la rue se précipitent! ramassent un bout de bois ou une pierre. Je vois une jeune fille faire la même chose. Ils courent vers les gendarmes; je cours aussi " La suite sur le site du Cercle Algerianiste de Nice
Avertissement :
Cet article se veut un témoignage
pour l'Histoire, à propos d'un évènement qui a constitué
un tournant dans le destin de l'Algérie française.
Certains s'étonneront peut-être de l'emploi presomptueux qui y
est fait de la première personne du singulier. Ce « je », en effet, pourrait
signifier que je tiens à m'attribuer un rôle prépondérant.
Je souligne qu'une telle attitude ne correspond pas à ma personnalité.
Contrairement à ce que l'on peut croire, je ne suis pas un homme politique,
et je suis d'une nature plutôt réservée, voire timide. Néanmoins,
je n'hésite pas à affirmer que cette tentative de rébellion
a relevé de mon travail, entrant dans le cadre de mes fonctions.
J'ai tout sacrifié au combat pour l'Algérie française. J'ai sacrifié ce que j'avais, ce qui n'est pas rien. Mais j'ai surtout sacrifié ce que j'aurais pu avoir si j'avais renoncé à la lutte : un confortable cabinet médical en métropole, avec tout ce que cela comporte comme aisance de vie, ce qui aurait fait de moi, aujourd'hui, un notable très respectable et très fréquentable dans la bonne société « Algérie française »...
Jean-Claude Perez
Son témoignage sur le site Pieds Noirs d'Aujourd'hui
La semaine des barricades dans les quotidiens d'Alger
La semaine des barricades dans les périodiques