CHIRAC S'ENGAGE

Dans l'interview accordé à El Watan à la veille de son voyage en Algérie, Chirac s'engage sur des questions concernant harkis et pieds noirs. Nous nous souviendrons.

EW. - Plus de quarante ans après la signature, le 12 mars 1962, des accords d'Evian, préambule à l'indépendance de l'Algérie, on commence à percevoir à quel point les «événements», comme on les appelait pudiquement, ont été en réalité une guerre pas comme les autres qui a marqué durablement la société française. La France et l'Algérie n'en portent pas seulement les séquelles dans leur mémoire collective. C'est tout le socle de leur vie sociale et politique qui date de cette guerre longtemps inavouée. Des dossiers semblent toujours en suspens et risquent de constituer un écueil pour une normalisation des relations. Il y a, d'une part, le dossier des harkis, qui soulève de part et d'autre de la Méditerranée une polémique interminable, ainsi que le dossier de la torture au cours de la guerre d'Algérie. Vos prises de position concernant ces deux dossiers ne semblent pas avoir fait l'unanimité, Monsieur le Président ?

JC. - La guerre d'Algérie est une page douloureuse de notre histoire commune, que nous ne devons ni ne pouvons occulter. Les victimes, toutes les victimes, ont le droit au respect. Mais évitons les visions simplistes, manichéennes. Laissons les historiens travailler pour aboutir, si possible, à un regard objectif et croisé sur cet épisode tragique de notre histoire commune. Par ailleurs, sans ménager nos efforts sur le travail de mémoire qui a été engagé - je pense notamment à l'entretien des sépultures et à l'accès aux archives -, nous devons aujourd'hui nous tourner vers l'avenir pour construire ensemble une relation sereine et confiante. Les harkis font partie intégrante de la communauté française. Il appartient à la France d'assumer ses responsabilités à l'égard de ces anciens combattants. C'est pourquoi j'ai organisé une cérémonie nationale d'hommage le 25 septembre 2001 et inauguré en décembre dernier le Mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, où ils ont bien évidemment toute leur place. Aujourd'hui, nombre d'entre eux souhaitent renouer leurs liens avec leur terre natale. Nous attachons une grande importance à ce que ces citoyens français ayant de profondes attaches personnelles avec l'Algérie puissent s'y rendre dans la dignité.

L'intégrale de l'interview: http://www.elwatan.com/journal/html/2003/03/01/sup_html.htm

Le CRI