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Dernier grand dirigeant de l'OAS en métropole, le colonel Antoine Argoud s'est éteint à 89 ans
Brillant, riche des qualités humaines, les plus hautes et d'un sens de l'honneur sans compromission, Antoine Argoud tait n le 26 juin 1914, (il aurait atteintses 90 ans, quinze jours plus tard). Les deux fils du Colonel, tous deux capitaines, sont la 4ème génération d'officiers de la famille Argoud, car c'est le père du Colonel, officier et fils d'officier lui même, qui, en épousant une demoiselle Guichard, de Damey implanta les Argoud dans les Vosges. Très tôt, le jeune garçon révéla des
dons et des passions bien éloignées de l'atavisme militaire
de ses aeux. Sur le plan artistique, le piano auquel il consacrait
plusieurs heures par jour. Le plus jeune colonel de l'Armée franaise (42 ans en 1956),
tournera alors le dos à ses hautes destinées dans la carrière
des Armes et entrera dans la clandestinité pour combattre, pendant
des années, ce voisin de Colombey les deux églises, le général
De Gaulle, (né 12 ans avant lui à Lille) et également
spécialiste de l'Arme blindée, mais surtout grand adepte
des phrases à double sens qui entretiendront, dès mai 1958,
l'équivoque masquant le parjure de 1962, auprès de la Communauté
française d' Algérie. Avant la Guerre d'Algérie Le jeune officier d'active de l'Arme blindée, toujours empreint de la discipline faisant la force des Armées et du respect de la hiérarchie, enseignements dispensés à 1' 'X ' et à Saumur rejoint alors l'Afrique du Nord, où le général Weygand a lancé un projet de reconstruction et de renaissance de l'Armée française. Le débarquement des Alliés, le 8 novembre 1942, le trouve au Maroc, toujours protectorat français malgré l'Armistice. Chef d'escadron, il rallie aussitôt l'Armée d'Afrique, et- particulièrement la 2 ème D.B. pour participer à la campagne de Tunisie, où il affronte les 'Panzers' de l'Afrikakorps du grand stratège 4°, 1 ' Arme blindée allemande, le maréchal Erwin Rommel. Suivent la libération de la France et la conquête de l'Allemagne. Le deuxième conflit mondial terminé, Antoine Argoud prépare l'école de guerre. Ce diplôme lui ouvre les bureaux de l'Etat-Major du général de Tassigny, dont il devient l'éminent conseiller technique dans l'évolution de l'Arme blinde et de la Cavalerie durant trois années. Le 'Roi Jean' demeurera suivant ses propres termes: 'l'Homme qui m'aura le plus marqué dans ma vie de combats militaires et politiques !'. Pourtant il ne le suit pas lorsque ce dernier est nommé Commandant en chef du corps expéditionnaire en Indochine, car le chef d'escadron persiste dans sa vocation pour l'ABC et se consacre à son remembrement moderne. Par contre il côtoie à leur retour d'extrême-Orient, des anciens de l'Ecole de guerrre, Lacheroy et Trinquier, qui ont découvert, à des milliers de kilomètres des enseignements et tactiques classiques de l''X' et de Saint-Cyr, de nouvelles conceptions d'une guerre aux méthodes révolutionnaires et aux coups tordus,. Leur influence muel'officier de Saumur en un désormais passionné de l'action psychologique et de la guerre subversive, à l'orée de la Guerre d'Algérie La Guerre d'Algérie
C'est dans ce bureau parisien feutré que le plus jeune colonel
de l'Armée française reçoit son affectation comme
Commandant du 3ème Le jeune colonel Antoine Argoud comprend rapidement que l'ABC, qui lui
est si chère, n'a pas sa place, à son grand regret, dans
ces batailles des djebels. Il conçoit aussi vite que cette insurrection
est passée au rang de la rébellion et que seules les méthodes
de l'action psychologique et de la guerrre subversive peuvent la mater,
si ce n'est déjà trop tard ? Il en devient un éminent
spécialiste et bien avant que les unités parachutistes de
retour de la guerrre d'Indochine, n'y appliquent leurs propres méthodes
bâties sur la formation Viet-minh. Argoud avec ses cavaliers et
ses supplétifs musulmans que l'on n'appelait pas encore 'Harkis'
applique des méthodes qui vont dérouter ses adversaires
fellaghas et rassurer les fellahs des mechtas voisines de l'Arba peu enclins
à les suivre. C'est en ces lieux que je l'ai rencontr pour
la première fois de ma vie, alors qu'officier rappel depuis
septembre 1955, j'effectuais justement un stage d'action psychologique
et guerre subversive sous les ordres du chef d'escadron Cogniet. La méthode
du colonel Argoud est simple, l'application d'une justice rapide et exemplaire,
en faisant fusiller sur la place Ses exceptionnelles capacités de théoricien révolutionnaire se base sur le regroupement, l'organisation et le contrôle des populations pour les amener à combattre, elles-même, (elles constitueront les futures Harkas), les sanguinaires doctrinaires du F.L.N. ' L'exemplarité est obtenue par la sévérité et la célérité. Il existe une justice pour les temps de paix et une législation pour les temps de guerrre.or nous sommes en temps de guerrre révolutionnaire !', écrit alors le surdoué Antoine Argoud. Une fois de plus, il est encore trop en avance. Il est rappelé
à Paris, parce qu'il dérange les politiques, par le ministre
de la Défense, Jacques Chaban-Delmas. Un séjour de 1957
à 1958, au sein des Forces Françaises en Allemagne, l'écart
de la bataille Le Théoricien de la guerre révolutionnaire Argoud impose
alors son choix au loyaliste Polytechnicien Argoud, devenu tout comme
son condisciple de l'X ', le colonel François Decorse, commandant
le G.L.I du llème Choc, un expert des missions spéciales
et spécifiques. Le 24 janvier 1960 n'est pas le 13 mai 1958 et les Facultés ne sont pas le Forum. Seul point commun entre ces dates et ces lieux, la consolidation de De Gaulle par l'appui de la Métropole contre ses compatriotes de l'Algérie française. Pour les partisans civils et militaires, ayant participé à ces 'Barricades', le couperet va tomber provoquant exil, mutation, condamnation et prison : le colonel Antoine Argoud sera muté à Montpellier puis à Metz, tout comme ses compagnons colonels, vers la Mtropole et en Afrique. De retour à Paris, Antoine Argoud se retrouve en compagnie de
tous ses amis 'Cinq galons ', rencontrés à Alger et possédant
la même idéologie que lui, les Godard, Broizat, Vaudrey,
Romain des Fossés, de Blignières, Chateau-Jobert et Gardes,
autour du colonel Charles Lacheroy, ancien chef de l'action psychologique
en Algérie, dont le bureau calfeutré à l'Ecole Militaire
s'avère des plus sécurisants pour la préparation
du putsch du 21 avril 1961. En tant que chef d'Etat-Major du C.A.d'Alger,
Argoud a obtenu Le Corps d'Armée d'Oran se montre très réticent
à rallier les putschistes.Après le renoncement de la Légion
de Sidi-Bel-Abbès, sous les ordres du colonel Brothier malgré
ses promesses faites au général Paul Gardy et le refus de
ralliement de l'Amiral Querville, commandant la base de Mers-El-Kebir
au lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, le général Challe
envoie alors à Oran, le colonel Antoine Argoud dans le but de persuader
le général de Pouilly, chef du Corps d'Armée d'Oran
de rencontrer les généraux du L'épopée O.A.S. Le général Salan, à la suite de l'arrestation du
général Edmond Jouhaud et du départ du général
Paul Gardy, pour lui succéder à la tête de la Zone
III en Oranie réclame le colonel Antoine Argoud devenu 'Albatros'
à ses côtés à l'Etat-Major à Alger.
Du côté de l'Etat-Major de l'OAS en Oranie, on souhaite même
sa venue à Oran pour conduire "l'Opération Tonnerre".
Le destin s'y oppose, le jour où il décide de gagner l'Algrie,
il se trouve dans une voiture à Nice et vient de passer la frontière
italienne. L'autoradio annonce l'arrestation du général
Salan par les 'barbouzes' à Alger Argoud n'hésite pas, il
regagne Rome et retrouve le 'CNR' dont L'intervention du pouvoir gaulliste à l'Etranger par le rapt et l'expulsion provoqua la protestation de deux parlements en Allemagne pour Argoud et en Italie pour Philippe de Massey.Il faut ajouter pour être complet que lors de l'enlèvement du colonel à Munich, le gouvernement allemand protesta auprès de la Verne Rpublique à la suite de son intervention au Budenstadt dont les membres exigèrent, en vain, le retour d'Argoud. Il est, à nouveau, condamné à la détention criminelle à perpétuité en décembre 1963 par la cour de sûreté de l'Etat. Pendant son procès, il se contente de répondre aux questions des juges : "Je ne suis pas à Paris ! Je suis toujours à Munich ! " L'amnistie du 15 juin 1968 lui ouvre les portes de la liberté. Il quitte la prison de Fresnes avec Toussaint Luciani pour gagner à pied son village de Damey dans les Vosges. Le périple de 350 kilomtres passe par Colombey les deux églises. A l'approche du village l'un des gendarmes qui les escortaient avec la discrétion que l'on imagine, s'adressa très respectueusement au colonel en lui demandant :'s'il désirait remettre une supplique au Général De Gaulle. Le colonel Argoud s'étrangla furieux, 'il n'est pas question de demander quoique se soit à cette ordure' Puis en traversant Colombey, aux gendarmes qui en assuraient la garde, le colonel demanda : 'l'ordure est ici ?' Un pandore répondit : 'non, le général n'est pas là'. Les dernières années de Paix
En 1974, il publie son livre, 'La Décadence, l'Imposture, la Tragédie', ouvrage de mémoires autant qu'un manifeste contre la trahison gaulliste. En 1988, il publie : 'Les deux missions de Jeanne d'Arc' où s'affirme son catholicisme et sont indiquées les conditions du relèvement de la France . De nombreuses conférences sur ce sujet suivirent dans toute la France. Jusqu'à son décès, Argoud suivit de près les efforts de ceux qui s'employaient à la défense de la vérité historique contre toutes les impostures. Voilà qui fut le colonel Antoine Argoud : Un bel exemple pour lajeunesse française ! Le respect de la parole donnée jusqu'au sacrifice de toute ambition d'avenir, jusqu'au renoncement de tout pouvoir et réussite sociale en préférant choisr la voie de l'Honneur et de la révolte plutôt que celle du parjure.
Adieu 'Albatros !' Votre nom de code doit vous permettre de survoler notre univers et notre société du Troisième millénaire : Souhaitons que vous leur inspiriez les qualités humaines et humanistes qui furent les vôtres ! Yves Henry Crédit :Revue PNHA N°122 09/2004 |
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