Après l'incohérence
et l'amalgame le plus grossier, il y a la réalité.
Prenons les chiffres des élections législatives de 1951,
les dernières qui se soient déroulées en Algérie
avant le début de l'insurrection.
A Alger on comptait 31 700 voix communistes
(un élu) soit 20,7 % des suffrages exprimés.
A Constantine: 10 300 voix communistes, soit 12,6 %.
A Oran: 35 000 voix communistes (un élu) soit 26,5 %.
Ecoutons les propos de ce ministre de l'Intérieur
qui, sur l'affaire des barricades du 24 janvier 1960, confiait : "J'ai
eu la curiosité de vérifier : les quartiers d'Alger les
plus durs, les plus ultras, sont ceux qui votaient à l'extrême
gauche, avant la rébellion "
.
En 1936, 4 députés sur 10 sont
"Front Populaire"
Remontons un peu plus loin encore.
En 1924, Le PC recueille 10 % des voix dans
les centres urbains, 20 % à Alger et 33 % à Bel-Abbès
qui demeurera " le Moscou d'Oranie ".
Il
est vrai que pendant ces périodes, le PC était un des
plus farouches partisans de l'Algérie française
Nous
ne comptabilisons pas les socialistes en grand nombre également
et dont les échanges de vue avec leurs camarades du PC se terminaient
en mêlées mémorables. Sans parler des divers gauche
et autres extrêmes gauches.
Nous laissons même de coté le fait que près de 6
% des troupes européennes engagées, (soit environ 1 %
de la population) perdit la vie pour récupérer aux nazis
l'Alsace et la Lorraine.
Nous pouvons raisonnablement affirmer que les Européens d'Algérie,
peuple avant tout de prolétaires, votaient à plus de cinquante
pour cent à gauche. La métropole jusqu'en 1981 fut plus
droitière sans que cela ne déclenche les foudres et les
cris de vierges effarouchées de nos politiques qui se gargarisaient
alors, de l'expression d'un choix républicain et démocratique.