Avoir 20 ans dans les Aurés

ARTE, chaîne à vocation européenne et culturelle persiste et signe dans son éducation univoque.
Le film, datant de 1 972, est très, très médiocre : l'image est très mauvaise, le son calamiteux, sauf les repiquages d'actualités du temps et le thème niais et plat à souhait.
On y subit des longueurs lassantes : il faut "s'accrocher" pour aller au bout…
Techniquement, il est à la portée du premier traîne-caméra venu et René VAUTIER commet là une production à la hauteur de sa renommée professionnelle…
Ce film comporte :

des anachronismes majeurs :

- des "rappelés" en service au moment de la révolte de l'Armée le 22 Avril 62 alors que les rappelés l'ont été au début de la guerre avec un plein vers 56… Même avec 30 mois de service …
des invraisemblances :

- Un tel ramassis de pauvres minus habens, à la limite du crétinisme, sales, hirsutes, en guenilles, braillards, "bibinés", n'a assurément pas pu exister : l'armée les aurait dispersés, voire affectés en bataillon disciplinaire mais certes pas dans les parachutistes, corps d'élite.
Vous me direz : le romancier gauchiste ''Gilles PERRAULT'' déclare bien avoir été "para"… A voir ?
- Un "commando de chasse", sans harkis, perdu, livré à lui-même, qui n'a pas de secours, qui enterre ses morts, et qui ne mène aucune opération militaire n'a jamais existé.
- Des ruines visiblement très anciennes d'un village qui vient d'être "rasé" par l'armée est pourvu de réseaux de barbelés (?)
- Un para dévoyé qui continue à porter son brevet …dont il fait un cadeau empoisonné…

Mais l'auteur va plus loin :

- Les cadavres sur lesquels la caméra s'attarde portent des traces d'égorgement, pratique réputée française, n'est-ce pas ?
- J'ai cru voir au passage l'image très connue d'un vieillard égorgé par le FLN…
- On a dévoyé des images et mélangé des archives avec du direct. L'ethnographie est récupérée par la propagande…
- Les habitants des Aurès parlent arabe mais on montre des femmes non voilées, donc kabyles.
- Le prisonnier sur l'éolienne résiste de manière étonnante… grâce au "bon" para …
- On répète à l'infini la même phrase en arabe pour faire ''nombre''
- Les "commandos" sont emmenés volontairement dans une embuscade …
- La progression au fond d'un oued est digne des "westerns - Custer"…
- Les "chars" sont des auto-mitrailleuses AM M8 !

Des poncifs :

Exécution sommaire, pillage, viol, sadisme : " je lui ai ouvert le ventre au couteau… 100 arabes, fells ou pas pour un des nôtres ". Tous les thèmes chers aux gens de cette idéologie.
C'est un film tourné et animé par les ''Anargauchos'' de service : on y entend entre autres leurs chants traditionnels ''Les canuts'' et REGGIANI.

Ce film est certes un élément de propagande anti-militariste mais le Pied Noir n'est pas non plus manqué : le dénommé Hernandez est "descendu" par un "p'tit gars" bien pensant.
Mais, au fait, Alexandre ARCADY n'incarne-t-il pas le déserteur ? Que diable allait-il faire … ?

Le commentaire de ma revue de télévision : "Un film engagé qui ne cache pas ses opinions mais a le mérite d'ouvrir un débat longtemps censuré".

On vérifie à nouveau qu'ARTE ne peut avoir été trompé dans son choix et on constate encore cette fois que ses sympathies vont toujours et délibérément dans le même sens.

C'est assurément là l'objectivité selon ARTE !
A noter…

Le 19/09/03 .

Jacques TORRES

 

Ce film est l'archétype de la partialité et de l'auto critique à la mode stalinienne, bien dans l’esprit "anarcho-gauchiste" typiquement franchouillard et d’auto-flagellation intellectualiste.
C'est un exemple significatif de désinformation.
L'insulte permanente y côtoie la propagande éhontée.

On tue des femmes, on descend des enfants, on torture, on viole aussi bien sûr. Pillage et partage du butin. On y montre une armée française de sac et de corde.
On a sciemment rassemblé des cas extrêmes et on tente de les faire passer pour le cas général.

Avec une évidente délectation, VAUTIER s'identifie à ses héros... s'il avait eu le même âge, nous ne pouvons douter qu'il aurait agi comme eux : il les idéalise.
En contrepoint, les angelots du camp d'en face, sont nobles, dignes, justes et ...innocents.

C’est une caricature grotesque, et mélodramatique, parfois burlesque dans laquelle le trait est tellement forcé qu’on comprend mal qu’il ne saute pas illico au premier regard.
Il est vrai qu’il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

En bon ‘’anargaucho’’, Monsieur René Vautier exhibe les censures dont ses réalisations furent l'objet comme des décorations pour ses hauts faits d'armes.
Son film fut cependant primé au festival de Cannes en 1972. Au train où vont les choses, gageons qu'il recevra bientôt un "César" pour l'ensemble de son oeuvre.

Monsieur Vautier plastronne en bonne compagnie partout où le dénigrement de la France est institué comme un exercice de style. Il se répand en colloques et conférences
Il est reçu alors à grand renfort de tambour et se pavane en cautionnant les productions de tel ou tel.

Quant à la question "Que diable allait-il faire … ?" concernant Monsieur Arcady je propose trois pistes:

- Gagner un cachet qui quelque soit son montant est toujours appréciable.
- S'incruster dans l'univers cinématographique, ce qui ne lui a pas trop mal réussi.
- Diffuser l'idéologie qu'il a dû faire sienne depuis longtemps et dont son livre et ses films n'est que le prolongement.

Il y eut des galères plus terribles ...

A.M