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L'armée légaliste
face au terrorisme
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A l'heure où le rôle de l'armée pendant la guerre d'Algérie, est sans cesse dénigré et caricaturé. Lorsque l'on entend parler que de tortures et d'actions illégales systématiques, ce témoignage peut faire réfléchir sur les accusations outrancières et intentionnellement exagérées.
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Extrait des souvenirs du Général Cherrière, commandant en chef des forces militaires en Algérie au moment de l'insurrection.
En dépit
des excellentes liaisons et de la parfaite collaboration réalisées
avec I'armée, les résultats ne peuvent pas être
toujours à la mesure des efforts fournis. Bien que I'armée
n'ait pas obtenu I'autorisation d'agir vite et fort sur les deux douars
des Aurès à l'origine de la rébellion, quoique
l'emploi des armes de l'aviation ait été limité,
novembre et décembre 1954 voient nos troupes, renforcées
progressivement par la métropole, réoccuper militairement
les Aurès, puis la Grande Kabylie, après avoir détruit
quelques bandes et dispersé ou fait se terrer les autres.
On verra un Juge d'instruction
faire réquisitionner deux bataillons pour reconstituer sur le
terrain un combat au cours duquel des rebelles auront été
abattus les armes à la main, ou encore, des juges d'instruction
immobiliser auprès des rebelles tués, les fractions de
troupes ayant mené le combat. Et les interrogatoires que
la justice fera subir, pour les besoins des multiples enquêtes,
aux gradés et hommes de troupes finiront par prendre un tel tour
vexatoire que bon nombre de nos militaires finiront par demander "
s'il faut attendre d'être tué pour ouvrir le feu sur les
dissidents avérés" On verra en avril 1955 des
administrateurs interdire aux troupes de circuler le long des routes,
car cela semblerait "une provocation" On en verra beaucoup d'autres interdire toute action militaire sans leur accord de détail préalable, etc.." (Historia hors série N°18 page 15) "Au
cours des premières opérations, les corps des militaires
tués au combat devaient être autopsiés; le constat
de décès et les circonstances de la mort "subite"
d'un rebelle faisaient l'objet d'une enquête. Les gendarmes devaient
vérifier si les militaires, avaient fait les sommations réglementaires.
Afin d'être plus clair, une question était posée:
" Est-ce que cela aurait pu être évité? "...
Courteline était dépassé! ...Ainsi,
les chefs de détachements pris dans des accrochages ayant causé
des pertes à. l'adversaire sont inculpés d'homicide volontaire.
A l'inverse, ils ont la possibilité de porter plainte si leurs
hommes ont été tués ou blessés. On procède
aux constats, aux reconstitutions, à. l'enregistrement des témoignages
comme dans des affaires de droit commun qui se dérouleraient
dans la France profonde...
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"En Algérie,
je me trouve en face d'une guerre qui n'ose pas dire son nom. Un de mes
collaborateurs, Jean-Marc Créhange, que j'envoie sur place en 1955
pour trois ans, me signalera dès le départ dans quelles
conditions tragi-comiques l'armée est obligée de travailler.
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- 3 Novembre 1954 : - La justice déclare
qu 'en cas d'accrochage (on est en temps de paix) les soldats devront
ensuite être entendue par un juge d'instruction. http://membres.lycos.fr/aamafn/page106.html
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"La justice s'empêtrait dans les
formalités légales du temps de paix:
on autopsiait les corps des militaires tués
au combat ; on ouvrait une instruction pour déterminer si les sommations
réglementaires avaient bien été respectées
avant le déclenchement du tir ; si l'emploi des armes collectives
était bien indispensable ; on communiquait aux avocats des suspects
appréhendés le nom des témoins à charge, ce
qui équivalait à un arrêt de mort pour ces derniers...
Georges Spillmann "Historia
Magazine" N°194 |