Une poseuse de bombe très respectable

 

L'opinion publique française a oublié ce que furent les attentats dirigés contre la population civile en Algérie. On peut même dire que décérébrée par les médias axés sur les tortures de l'armée française, elle n'a pas connaissance de l'horreur qui fut instaurée comme moyen de combat. Ceux qui ont assisté aux attentats à Paris de la rue de Rennes ou du métro St Michel peuvent se représenter l'horreur de ces exactions ignobles. Ces actions légitimées par des idéologues acharnés, sont présentés comme des actes de bravoure ou d'auto défense. Certains français y ayant participé à divers titres s'en montrent fiers et sont exposés comme des représentants VRP de l'honneur et de la justice. Pour eux donc, pas question d'exprimer une repentance et pas de commisérations, tout au moinspour leurs innocentes victimes.
Il faut cependant savoir que pendant trois mois, de juin à août 1956, 150 attentats furent perpétrés pour la seule agglomération d'Alger.

Pour se souvenir encore et dans le Grand Alger seulement :
15 septembre 56, Bombes dans un cinéma 7 blessés.
24 septembre 56, 9 attentats trois morts et 5 blessés.
30 septembre 1956, Bombes au "Milk bar " et à la "Cafétéria " 3 morts 60 blessés dont 12 amputés,
17 Novembre 1956, grenade au café "le Progrès " 3 morts et 6 blessés
28 novembre 1956, 4 bombes 10 blessés
3 janvier 1957, bombe dans un trolleybus, 2 morts
22 janvier 1957, attaque du car "Alger-Koléa " 7 morts 3 blessés graves
26 janvier 1957, 3 bombes dans 3 cafés "Coq Hardi ", Automatique ", "Cafétéria ", 4 morts et 50 blessés.
10 février 1957, 3 bombes aux stades " El Biar " et "Municipal ", 12 morts et 45 blessés
3 juin 1957, 3 bombes dans des lampadaires explosent dans trois quartiers populeux, 8 morts et 90 blessés.
9 juin 1957, bombe au Casino de la corniche, 9 morts et 85 blessés dont 10 dans un état désespéré.
26 Juin 1957, découverte de 33 bombes prêtes à être posées.
18 juillet 1957, 5 bombes dans le centre d'Alger 5 morts et 3 blessés.

La thèse de Robert DAVEZAC : ''Chronique des évènements et des actes de violence dans le Grand Alger'' (1er juin 1958 - 30 avril 1961) à l'Université de TOULOUSE-MIRAIL énumère des centaines d'actes de violence.

 

Samedi 26 janvier1957 vers 17 h. Deux jeunes filles entrent dans la brasserie "L'Otomatic" rue Michelet à Alger. La salle au rez-de-chaussée est bondée de jeunes étudiants et de familles entières attablées s'accordant un moment de détente pour oublier la tension permanente. Aucune place vacante. Les deux jeunes femmes montent dans la salle au premier étage s'installent à une table et commandent deux rafraîchissements. Deux jeunes filles ordinaires que personne ne saurait soupçonner de vouloir semer la mort et la terreur. L'une d'entre elle, a posé sur ses genoux, un sac. Quelques minutes plus tard elles règlent leurs consommations et demandent la clef des toilettes situées au sous-sol. La jeune fille au sac pénètre dans le local dépose son sac sur la chasse d'eau puis disparaît avec sa compagne.
17 h 30 c'est le carnage. Les tables sont projetées en l'air, des débris volent, les vitres sont pulvérisées les gens jetés à terre. Des cris, des larmes de la poussière et du sang partout. Des membres arrachés, des visages ensanglantés, des corps meurtris de débris divers. Un amalgame de gens les uns sur les autres inconscients, estropiés ou hébétés.
Cette boucherie entrait dans le cadre d'une opération concertée. Au même moment deux autres établissements : "la Cafétéria" presqu'en face, rue Michelet et le "Coq hardi", rue Charles Péguy, connurent la même sanglante épreuve. On relèvera de cette triste journée 4 morts et 50 blessés dont de nombreux enfants dont certains très grièvement, durent être amputés

 

Les deux complices de l'attentat de l'Otomatic furent Zahia Kerfallah et une européenne, collégienne à Maison-Carrée, la demoiselle au sac : Danièle Minne au nom prédestiné. D'apparence timide et frêle, on lui aurait donné le bon Dieu sans confession.

 

Elle s'appelle aujourd'hui Danièle Djamila Amrane Minne
Fille d'un professeur communiste de Tlemcen et de Jacqueline Netter. Sa mère épousa en seconde noces, Abdelkader Guerroudj, ex-instituteur, intermédiaire entre le F. L. N. et le P. C. A.
Les époux Guerroudj militants communistes, partisans actifs de la rébellion, furent condamnés à mort le 8 décembre 1956. Ils durent leur salut à la cohorte des intellectuels et personnalités qui officiaient dans la défense des terroristes.
Danièle Minne se maria avec un dentiste, Ali Amrane et adopta le prénom de Djamila qu'elle avait dans la clandestinité.
Elle rejoint le maquis de la Willaya 3 du tristement célèbre Amirouche
Le 26 novembre dans le secteur de Bou Medjana près de Bordj Bou Arreridj elle fut faite prisonnière dans l'accrochage qui coûta la vie à Raymonde Peschard.
Emprisonnée puis libérée quelques temps plus tard, elle poursuivit ses études...

 

Dans un autre pays elle aurait été bannie à vie, elle subirait une disgrâce nationale, on l'aurait incité à s'établir dans le pays qui avait à sa tête les gens pour qui elle avait pris fait et cause.

Que pensez-vous que fit l'état français ? Il lui attribua un poste de Maître de conférences à l'université de Toulouse II le Mirail où elle enseigna à nos futurs historiens "L'Histoire de la décolonisation", Nous pouvons être assurés qu'ils furent à bonne école.
Elle écrit des livres, donne des conférences, participe aux jurys de thèses. Elle est accoquinée avec des organisations féministes qui ont oublié que parmi les victimes du 26 novembre, quatre décédées et vingt et une blessèes étaient des femmes. Voici donc une curieuse ambassadrice des droits de la femme.

Nous avons là un bel exemple de réinsertion d'une délinquante juvénile, qui nous permet de vérifier qu'une fois encore notre argent est bien employé. Elle à réussi le tour de force et non des moindres, de se faire payer les études, de recevoir un salaire et sans doute une retraite (bien méritée), grâce en partie aux impôts payés par ses victimes survivantes et leurs descendants.

Honte à l'état français qui répète le précèdent Boudarel (voir nota). Honte à un pays qui honore et protège les bourreaux de ses citoyens. Mais il est vrai que nous n'étions que des citoyens de seconde zone..

Nota : Georges Boudarel. Ex professeur de philosophie au lycée de Saigon, intellectuel de gauche, adjoint du chef du camp de prisonniers Viêt-minh"113" dont il fut le "commissaire politique". Il était chargé de la "rééducation politique" des prisonniers français. Coupable de tortures diverses et variées déclarés "crimes contre l'humanité" mais absout pour cause de prescription en 1999. Responsable direct de la mort de dizaines de Français, récompensé par un poste de professeur à l'université de Paris Vll. Son action fut étalée au grand jour en 1991. A partir de 1993 le feuilleton judiciaire commence. Les 40 victimes et témoins ne pourront faire condamner le triste individu car une campagne médiatique instrumentée par des porteurs de valises notoires et des sympathisants, organisée en sous main par des partis politiques contribua à lui valoir l'impunité judiciaire. Il est aujourd'hui à la retraite !! http://www.chez.com/archives/

 

Quelques unes des activités de D Minne :
· Amrane-Minne D. (1999) Women and politics in Algeria from the War of Independance to our day in Research in African litteratures, vol 30, special issue : " Dissident Algeria ", Indiana University Press: 62-77.
Amrane-Minne D. Femmes en Algérie. La longue marche pour devenir sujets de droit, Institut méditerranéen, Rome, Italie, 3 et 4 avril 1998.
· Amrane-Minne D. Kateb Yacine, un intellectuel dans la révolution algérienne, Université Paris XIII, 28 mai 2001.
· Amrane-Minne D. Mémoires de guerre, Colloque méditerranéen d'Alberobello, Italie, 19 au 23 mars 1999.
· Amrane-Minne D., Guerre d'Algérie : Mémoire-Histoire, Paris, 15-16 mars 2002.
· Amrane-Minne D. (1999) L'intrusion des Algériennes dans la vie politique des débuts du nationalisme aux années 90 in Histoire des femmes au Maghreb : réponse à l'exclusion, Najah el Jadida, Casablanca : 135-159.
· Amrane-Minne D. (1999) Women and politics in Algeria from the War of Independance to our day in Research in African litteratures, volume 30, special issue : " Dissident Algeria ", Indiana University Press : 62-77.
· Amrane-Minne D. (2000) Mémoire de guerre : le refoulement ou l'aménagement de l'horreur, in Militantisme et histoire, Presses Universitaires du Mirail : 133-143.
· Amrane-Minne D. (2000) Sources et trajectoires de vie : Les combattantes de la guerre de libération nationale en Algérie in Histoire des femmes au Maghreb : Culture matérielle et vie quotidienne, Centre de Publication Universitaire, Tunis : 43-57

 

Les sites qui en font l'éloge

Féminisme
http://www.la-breche.com/index.html
http://www.ifrance.com/Confluences/motscles/femmes.htm
Groupe de Recherche en Histoire Immédiate
http://www.univ-tlse2.fr/grhi/presentation/publications_membres.htm