L'Histoire telle qu'on l'enseigne aux enfants

 

"L'enseignement de l'histoire a de quoi dégoûter les jeunes"
entretien avec Claire Laux, professeur d'histoire

 

Claire Laux, professeur d'histoire, vient de signer avec Isabelle Weiss, professeur de philo, un petit brûlot contre "l'ambition de l'École constamment revue à la baisse": Ignare Academy, les naufrages de l'enseignement.
Cette jeune femme de 32 ans confie à
Historia tout le mal qu'elle pense de l'enseignement de sa matière en France.
Historia - Que reprochez-vous au juste à l'enseignement de l'histoire ?
Claire Laux - En premier lieu, une confusion entre savoir et information proche de la caricature. On ne demande plus aux élèves de rechercher la vérité, mais de "savoir argumenter". En juin 2000 dans l'académie de Versailles, le sujet d'histoire du bac porte sur le "putsch des généraux"d'avril 1961. Certains candidats en attribuent la paternité... à des chefs F.L.N. préparant un débarquement en France ! Qu'à cela ne tienne: on demandera aux correcteurs de leur donner la moyenne ! Sous prétexte de constitution de "dossiers transversaux", les spécificités méthodologiques propres à chaque discipline sont gommées et remplacées par une soupe indigeste de scienœs humaines. De l'interdisciplinarité paraît- il: en fait, c'est l'abolition pure et simple des disciplines elles-mêmes.
H. - On ne serait donc pas assez exigeant avec les élèves?
C. L. - On leur en demande à la fois pas assez et trop. Pas assez d'abord puisqu'on ne les forme pas, et trop ensuite puisqu'on voudrait que des élèves du secondaire qui ne savent même pas ce qu'est l'histoire se haussent par miracle au niveau universitaire. Il y a pire: des ateliers d'anthropologie en maternelle
H. - Quelles sont, selon vous, les raisons de cet échec ?
C. L. - Ces idéologies dites "pédagogisantes" s'adaptent, autre phénomène dangereux, à la baisse du niveau des enseignants eux-mêmes. Le Capes d'histoire est attribué à de piètres historiens. C. L. - De plus en plus d'élèves simplement moyens deviennent ainsi professeurs. Ajoutez-y la croyance, très inquiétante elle aussi, dans les vertus magiques de la "cyberpédagogie" : Internet étant censé remplacer les professeurs, on laisse les élèves seuls face à l'ordinateur.
H. - Un réquisitoire particulièrement dur.
C. L. - Si on voulait dégoûter les jeunes, on ne s'y prendrait pas autrement. Complètement décharnés, les programmes d'histoire laissent de moins en moins de place aux récits, aux épopées, aux grands personnages. Bref, à tout ce qui attire les élèves vers l'histoire. Comment s'étonner si beaucoup finissent par trouver cette matière ennuyeuse? .
Propos recueillis par Rémi Kauffer (HISTORIA N°674, février 2003)
Ignare Academy, les naufrages de l'enseignement
de Claire Laux et Isabelle Weiss
Nil Editions. .

NDLR : c'est nous qui signalons en rouge, les passages de l'article

 

Et ça fait quarante et un ans que ça dure !!

Nous pourrions penser que la vérité historique est incontournable et que pour ce qui est de l'enseignement, il devrait être mis en place une commission de contrôle réunissant diverses sensibilités afin de réaliser une synthèse le plus proche possible de la réalité. En réalité, n'importe qui peut écrire n'importe quoi pourvu qu'il bénéficie des appuis et des ouvertures adéquates pour propager ses élucubrations. Un exemple?
En janvier 2000, l'éditeur Larousse-Bordas était assigné en justice par l'ASAF pour son manuel d'Histoire des classes de Terminale de 1998 bourré d'omissions et de contre-vérités sur le rôle de l'Armée française, notamment en 40-45 et en Algérie. En juin 2001, l'ASAF a été déboutée et condamnée pour procédure abusive (10001 FR à verser à la partie adverse) au motif qu'un tribunal n'a pas vocation à se faire l'arbitre d'un débat historique au risque d'instaurer une doctrine officielle de l'Histoire.
Donc si nous comprenons bien, sous prétexte de laisser toute latitude aux historiens, on leur permet d'aligner les contre vérités, les erreurs les plus énormes, les mensonges les plus abjects. Et si un tribunal ne peut condamner la diffamation que constituent ces écrits, on comprend qu'il ne puisse s'imposer comme arbitre historique. Qui donc alors contrôle et corrige ? Personne, ou plutôt ceux qui par perversion politique depuis bientôt cinquante ans ressassent les mêmes balivernes et transforment des faits avérés en épisodes sortis intentionnellement de leur contexte. Ce sont ces faiseurs de fables qui ont instauré la doctrine officielle de l'histoire.

 

Qui a dit que l'histoire de la guerre d'Algérie était orientée ???

Il suffit de voir les historiens choisis ...

http://www.education.gouv.fr/discours/2001/algeriejl.htm

Jack Lang