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Un Eden disparu ?
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Après le mythe du pays de cocagne,
le deuxième aspect du paradis terrestre dans l'Algérie*
d'avant 1830, fait intervenir l'imagerie, longtemps véhiculée,
d'une société multiculturelle basée sur une égalité
parfaite "où tout le monde se côtoyait en paix",
dans une harmonie touchante que les Français vinrent briser. Là
encore, nous sommes désolés de contredire cette légende.
La réalité, et nous devrions dire l'histoire, mérite
ici encore un éclairage différent.
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La société En premier viennent les Turcs qui sont pratiquement tous des soldats (janissaires). Ils font régner la terreur et appliquent avec zèle et cruauté, les décisions du Dey. En deuxième lieu viennent les Kouloughlis,
enfants de Turcs et de femmes arabes ou maures qui ne deviennent jamais
Turcs, même si les enfants de femmes chrétiennes sont considérés
comme ''Turcs naturels''. Ils étaient métis et comme tous
les métis, leur situation est inconfortable. Ils déclenchèrent
de nombreux soulèvements sévèrement réprimés.
A partir du XVIIIe siècle, la loi qui leur interdisait tous les
postes de commandement s'assouplit mais ils conserveront un statut "spécial". La troisième classe est constituée
par les Maures, (Arabes venus d'Espagne). Ils se font appeler " Andalous"
ou " Tagarins " (originaires d'Aragon). Ce sont les bourgeois,
ils forment le groupe le plus important. Ils seront le plus souvent commerçants
(mercanti) ou artisans aisés et quelquefois aussi fonctionnaires
de la Régence. Encore en dessous - et cette fois très
en dessous - se trouvent les " Berranis ", c'est-à-dire
les " Etrangers ", Arabes et Kabyles. (!!!) Puis viennent, les Noirs. Ils sont méprisés
et souvent humiliés. Tout en bas de l'échelle sociale il y
a les Juifs. Arrivés au Maghreb avant les Arabes (586 après
JC), ils parlent hébreu, langue abandonnée par les Juifs
de Palestine qui ont eux, adopté l'Araméen.
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*Le
nom "Algérie'' n'existait pas. Le 14 octobre 1839 il sera
employé pour désigner " les possessions françaises
dans le Nord de l'Afrique"
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La justice. Les "Algériens" sont soumis
au droit musulman qui implique : Extrait du code musulman : ART. 1979.-"Quiconque se sera rendu coupable
de vol aura la main tranchée" "Quand les Français sont arrivés
au Maroc, en 1912, on rencontrait parfois, mais malgré tout rarement,
un indigène amputé d'une ou même de deux mains. De
par la gravité de la sanction, le vol était inconnu et les
prisons vides. Avec l'instauration de la loi française, les vols
sont devenus nombreux et il a fallu créer des prisons, toujours
pleines d'ailleurs." |
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Puis les Français ont instauré leur justice et paradoxalement, du fait de la lenteur du droit français qui exige, témoins, auditions, reconstitutions, respect du fond et de la forme, elle contribuera à déstabiliser l'équilibre précaire basé sur la force et l'inflexibilité des décisions. Il est bien tentant pour les pourfendeurs du colonialisme, de propager l'idée que l'état impérialiste a propagé l'arbitraire et la discrimination sur une terre ou les communautés vivaient une symbiose exemplaire. Nous pouvons constater que l'on nous a décrit un paradis certes, mais un paradis artificiel stupéfiant,. riche en visions hallucinatoires, mirages et autres éléphants roses... |
| Sources principales : "Histoire de laFrance en Algérie" Pierre Laffont, éditions Plon + divers |
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Avant 1830, les Turcs avaient organisé
l'ensemble de la population musulmane étrangère à
Alger en corporations {berraniya}. Chaque corporation était dirigée
par un amîn (chef responsable devant le Beylick) et regroupait les
individus par région et profession. On retrouve les Mozabites (originaire
du M'Zab), qui avaient le monopole des bains publics, des boucheries,
des moulins de la ville et du trafic des caravanes (y compris le commerce
des esclaves) ; les Laghouatis (originaires de Laghouat), qui fournissaient
la ville en huile; les Biskris (originaires des oasis des Zibans), porteurs
d'eau, portefaix et domestiques de confiance. Seuls les Kabyles, dont
les Turcs se méfiaient, n'étaient pas organisés en
corporation. Ils travaillaient dans les champs ou étaient domestiques.
Parmi eux, les Djidjellis (originaires de Djidjelli) avaient pu bénéficier
d'un traitement de faveur des Turcs. La Fran devait garder ces corporations
et en doter les Kabyles en 1837. Jusqu'à la fin du XIX' siècle,
ces corporations restèrent bien structurées. Le sens commun
ne conserva ensuite que les Arabes, les Kabyles et les Mozabites. Jean-Jacques Jordi avec la collaboration de Jean-Louis Planche "Alger 1860 - 1839 Collection "Mémoires" Editions "Autrement" |