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Les Questions
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Le journaliste Henri
Alleg de son vrai nom SALEM, a été arrêté
le 12 juin 1957 et détenu par l'Armée française.
Il publia un livre "La question" édité en 1958
par "LES EDITIONS DE MINUIT." Resté célèbre
dans les milieux "progressistes", cet opuscule de 110 pages
décrit en détail les tortures que lui auraient fait subir
les parachutistes du Général Massu pendant la bataille
d'Alger. Il décrit avec force détails les supplices infligés
et désigne ses tortionnaires par des initiales ou le début
de leur nom (1)
Troublés par l'examen attentif de ces écrits nous sommes
amenés à nous poser à notre tour quelques questions.
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Les tortures à
l'électricité :
N'étant pas des spécialistes de
la "gégène" ni des techniciens de l'EDF, les passages
qui suivent ont cependant attiré notre attention :
a/"Ja
. toujours souriant, agita d'abord
devant mes yeux les pinces qui terminaient les électrodes. Des
petites pinces d'acier brillant, allongées et dentelées.
Des pinces " crocodiles ", disent les ouvriers des lignes téléphoniques
qui les utilisent. Il m'en fixa une au lobe de l'oreille droite, l'autre
au doigt du même côté.
D'un seul coup, je bondis dans mes liens et hurlai de toute ma voix. Cha......
venait de m'envoyer dans le corps la première décharge électrique.
b/ Près de mon oreille avait jailli une longue
étincelle et je sentis dans ma poitrine mon cur s'emballer.
je me tordais en hurlant et me raidissais à me blesser, tandis
que les secousses commandées par Cha
.. magnéto
en mains, se succédaient sans arrêt.
a/ Le témoignage semble techniquement
erroné : Pour qu'il y ait une étincelle, il faut que les
électrodes soient à une certaine distance l'une de l'autre.
Voir une bougie d'allumage automobile.
Si les fils sont déjà en contact, entre eux ou avec le corps,
il ne peut pas y avoir d'étincelle.
b/ Un électrisé
ne peut pas crier. La contraction des muscles provoquée par le
passage du courant interdit tout hurlement. Les seuls sons qu'il peut
émettre sont ce que l'on appelle "les cris de souris"
qui ressemblent à des petits couinements ou un "rire"
significatif du genre (HI, hi, hi !!)
Nous l'avons tous expérimenté puisque tous un jour ou l'autre
nous avons reçu une décharge par maladresse bien sûr
!!
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Le Penthotal
La dose administrée :
" D'abord cinq centimètres
cubes seulement, car il y a des corps qui résistent. " Il
pensait aux intolérances de certains organismes aux narcotiques,
mais sur le moment je crus qu'il voulait parler de résistance psychologique
et je décidai de leur donner l'impression que je ne " résistais
" pas. C'était, pensais-je, la meilleure façon d'absorber
la dose minima de " sérum."
Cette dose "cinq
centimètres cubes" ne veut pas dire grand chose, tout
dépend de la concentration donc du poids de l'individu traité..
Note Technique : Le pentothal (Penthiobarbital)
anesthésique général utilisé par voie veineuse
ou par voie rectale. Employé également en narcoanalyse.
Anesthésique intraveineux barbiturique d'action rapide. Il est
d'un emploi assez sûr à la dose de 5 mg/kg-1, avec des réinjections
de moitié dose toutes les 10 à 30 minutes.
Délai d'action : 1/2 à 1 min. Durée d'action : 15
à 30 min
Les effets foudroyants
"Je m'entendis répondre avec une volubilité
extraordinaire : je donnai des détails sur les difficultés
de fabrication d'un journal, puis je passai à la constitution des
équipes rédactionnelles. C'était comme si j'avais
été ivre, comme si quelqu'un d'autre avait parlé
à ma place, mais je gardais assez de conscience pour me souvenir
que j'étais entre les mains de mes bourreaux et qu'ils cherchaient
à me faire dénoncer mes camarades."
Une étonnante lucidité
Puis une ahurissante conversation sous l'effet
de la drogue qui n'altère ni la mémoire ni la confiance
" Où est X... ? ", et nous commençâmes
un dialogue de fous.
" Je m'étonne, lui dis-je, qu'on t'ait adressé à
moi. je ne sais pas où il est.
- Quand il veut te voir, comment fait-il ?
- Il n'a jamais besoin de me voir, je n'ai rien à faire avec lui.
- Oui, bien sûr, mais s'il voulait te voir, comment ferait-il ?
Il mettrait sans doute un mot dans ma boîte, mais il n'y a aucune
raison. "
je me débattais dans cette conversation gluante, toujours assez
conscient, malgré la drogue, pour résister à ces
brutes.
" Ecoute, reprit-il, j'ai une planque pour X..., il faut absolument
que je le voie : si tu le touches, peux-tu me mettre en rapport avec lui
?
- je ne t'ai rien promis, lui dis-je. Ça m'étonnerait qu'il
me donne rendez-vous.
- Bon, mais si par hasard il venait, comment puis-je te toucher ?
- Où habites-tu ? lui demandai-je.
- 26, rue Michelet, troisième étage à droite. Tu
demandes Marcel.
- Très bien, lui dis-je, je me souviendrai de l'adresse.
- Non, ce n'est pas bien : je te donne mon adresse, il faut que tu me
donnes la tienne, tu dois avoir confiance.
- Alors, lui dis-je encore, si tu veux, nous pouvons nous retrouver à
l'arrêt du Parc de Galland, dans quinze jours, à dix huit
heures. je m'en vais, je n'aime pas traîner dans la rue.
- C'est vers le Parc de Galland que tu habites ? Dis-moi ton adresse ",
dit-il encore.
J'étais épuisé et je voulais en finir, même
grossièrement :
" Tu m'emmerdes, lui dis-je, au revoir.
- Au revoir ", dit-il.
Il attendit un instant, sans doute pour être
certain que j'étais bien endormi et je
l'entendis chuchoter à quelqu'un près de moi - "
On n'en tirera rien de plus ".
Puis je les entendis tous se lever et se diriger
vers la sortie, comme après un spectacle. L'un d'eux, en
passant, alluma l'électricité et, d'un seul coup...
Le retour à la réalité
"...je
repris entièrement conscience."
A la lecture du dialogue ci dessus
il ne semble pas que la conscience ne fut jamais altérée.
Il est également curieux qu'un médecin spécialiste
du renseignement extorqué ne se soit pas aperçu du dosage
insuffisant de la drogue administrée. Et ce faisant, compte tenu
de l'opiniâtreté de son équipe à renouveler
les sévices physiques, que le professionnel de la torture "douce"
n'ait pas réitéré ses investigations hypnotiques.
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Les mises en cause.
Le principal accusé à mots couverts
par Alleg est le Capitaine René Faulques Officier de renseignement
du 1er REP
: " Vous pouvez me regarder, je suis le capitaine
Fau
. vous savez, le fameux capitaine S.S. Vous avez entendu
parler ? " J'étais en présence de Fau
.
chef des tortionnaires de la Villa S
..(Sesini NDLR) particulièrement
réputé pour sa férocité.
Il devait regretter de s'être laissé emporter par la haine.
Il tenta de parler calmement et, pour effacer la - première impression,
il fit apporter deux bouteilles de bière. je buvais lentement,
le surveillant du coin de l'il, dans la crainte que, d'un nouveau
coup, il ne me casse la bouteille sur les dents.
" Vous devez avoir un joli dossier sur moi,
hein ? Qu'allez-vous faire de moi, si ça
change ?... Mais je sais prendre mes risques. "
Puis, sans transition, il entama une dissertation sur les écrivains,
les peintres communistes ou libéraux et les intellectuels en général.
Il parlait avec beaucoup d'ignorance et une telle haine, qu'elle transformait
les expressions de son visage, très mobile, en autant de rictus.
Je le laissais parler, l'interrompant parfois, dans le seul but de gagner
du temps et de réduire d'autant celui des tortures, s'il devait
y en avoir après.
Il m'avait posé les questions habituelles, mais sans insister.
puis, il était revenu à la " grande politique ".
Il marchait comme un fou à travers la pièce, s'approchant
par moments de moi pour me hurler une phrase dans la figure. Il souhaitait
que la guerre s'étendît à la Tunisie et au Maroc.
Il regrettait que l'expédition d'Egypte n'ait pas abouti à
une conflagration générale: " J'aurais voulu qu'un
sous-marin américain coule un bateau français. Il y aurait
eu la guerre avec les Américains : au moins, les choses auraient
été plus claires ! " je le contredisais, mais comme
on le fait pour un malade qu'il ne faut pas exciter davantage. Il eut
à plusieurs reprises envie de me frapper, mais il se retint et
à un moment me cria : " Vous ne voulez rien dire ? Moi, je
fais parler les gens en leur mettant un couteau sur la gorge la nuit.
je vous reprendrai. "
"Sans doute était-ce leur intention
à tous de me " reprendre ", lorsqu'ils décidèrent
de m'envoyer au camp de Lodi, " réserve " de suspects
que l'on extrait quand on le juge utile"
La déclaration du Général
Massu
"En fait de torture,
Alleg a reçu une paire de gifles pour avoir d'emblée traité
Faulques de nazi et de salaud. Ensuite les deux hommes eurent une conversation
à bâtons rompus pendant des heures sur tous les sujets. Finalement,
Alleg donna, sans s'en rendre compte, l'indication attendue par l'officier
depuis des mois.
Il s'agissait de l'identité d'un personnage jouant un rôle
important dans l'organisation subversive et dont on savait seulement qu'il
boitait.
Mettant habilement en valeur les connaissances étendues de son
interlocuteur, Faulques le faisait discourir abondamment, plaçant
de temps à autre quelques questions adroites, concernant l'homme
recherché.
Agacé d'être interrompu dans son exposé, Alleg s'exclama:
"N'insistez pas, je ne parlerai jamais de mes camarades du journal.
" Cette localisation permit l'identification du boiteux, car il n'y
en avait qu'un dans le personnel du journal !"
Général Massu "La
vraie bataille d'Alger" le cercle du nouveau livre. Librairie Jules
Tallandier 1971
Rejet judiciaire
"Le jugement
rendu en 1970, le 14 avril, par la 17" chambre du tribunal de grande
instance de Paris, qui déclare " Servan- Schreiber J.-J. coupable
d'avoir à Paris, le 13.11.1967, étant directeur de publication
de l'hebdomadaire l'Express, commis le délit de DIFFAMATION PUBLIQUE
envers un particulier, en publiant dans le numéro 56 de ce périodique,
daté du [3-19 novembre 1967, à la page 78 sur trois colonnes,
sous :a rubrique " Congo" : " A quoi pense un mercenaire
", un article signé J.F.K... contenant le passage suivant:
" ... le célèbre René Faulques... fut de ceux
qui torturèrent Henri Alleg, et jusqu'à la mort Maurice
Audin... "
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La justification
Note des "éditions de minuit"
:
(1) Les protagonistes de ce récit ne sont
désignés ici que par leurs initiales. C'est à la
justice seule à démasquer et à sanctionner les responsabilités
individuelles.
Et, par respect pour cette justice, nous ne nous permettons pas d'intervenir
dans l'accomplissement de sa lourde tâche.
L'éditeur précise
encore :
" Si Alleg et son avocat demandent l'inculpation de ces tortionnaires,
c'est non seulement pour que soient sanctionnés des actes intolérables,
mais surtout pour empêcher que puissent se renouveler sur d'autres
des pratiques aussi révoltantes."
Voici deux arguments contradictoires. D'une
part on veut par ce témoignage, faire cesser au plus tôt
ces pratiques révoltantes et dans le même temps on laisse
la justice faire son devoir quel que soit le temps qu'elle prendra et
qu'importe si d'autres passent à la question.
De plus le témoignage sans équivoque
de H Alleg aurait pu empêcher le rejet judiciaire cité plus
haut.
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La plainte
L'éditeur rajoute :"
Pourtant, il existe au dossier un certificat médical très
détaillé, dressé par deux médecins, eux-mêmes
internés à Lodi, qui ont examiné Henri AlIeg à
son arrivée au camp, le 12 juillet. Un mois après les tortures,
il portait encore, nettement visibles, des marques de liens aux poignets,
des cicatrices de brûlures et d'autres traces."
"En revanche, encore aujourd'hui, six mois après l'ouverture
de l'enquête ordonnée par le général Allard,
la plainte d'Alleg est toujours " en cours d'instruction"
Outre le supplice à l'électricité
évoqué plus haut on peut noter :: brûlures aux oreilles
au sexe, à l'aine, à la poitrine, au palais, à la
gorge, les tortures morales, le chantage au suicide et les menaces sur
sa famille, une quantité de sévices physiques.
il me giflait à toute volée.
Ir .... continuait à me frapper.
.Ir.... me martelait le visage de gifles et le ventre de coups de
genou
.Sur la table, il y avait un morceau de carton dur. Il le prit et
s'en servit pour me battre.
frapper à tour de bras sur mon ventre pour me faire rejeter
l'eau absorbée
.. Avec des gifles et des coups de pied ils me jetaient comme une
balle de l'un à l'autre.
se mît à me brûler la pointe d'un sein.
De temps en temps ils se remettaient à me frapper ou m'écrasaient
de leurs bottes l'extrémité des doigts
..d'un coup de pied, me jeta par terre..
.Les cordelettes m'entraient dans la chair..
..mes mains gonflées
..me lança un coup de pied..
à toute volée, il me gifla
..il se mit à me brûler le bout d'un sein, puis l'autre
.
Celui-ci enflammait des torches de papier toutes préparées
et me chauffait la plante des pieds.
.. il se dressa et se mit à me frapper au visage à
tour de bras. Ma tête ballottait d'un côté à
l'autre au rythme des gifles
d'un coup au visage, il me jeta par terre et fit voltiger mes lunettes
qu'on m'avait rendues
je reçus un coup de pied dans les reins..
..J'étais toujours torse nu, encore marqué des coups reçus,
la poitrine et les mains plaquées de pansements.
Annulation de la plainte
"La seconde affaire c'est celle de Henri
Alleg ce journaliste communiste qui était connu pour son livre
sur la question, ce livre exploité par tous les médias hostiles
à l'armée qui a alimenté la campagne contre la torture.
J'ai eu à examiner son dossier qui était énorme,
qui m'a été soumis par le juge d'instruction et je n'ai
pas eu à l'examiner, lui Henri Alleg. Il prétendait avoir
été torturé, passé à la " gégène
" comme on dit, il disait présenter des cicatrices de brûlures
électriques. La question posée par le juge d'instruction
était la suivante. Pouvait on confirmer ces dires par l'examen
de des cicatrices ?
J'avoue qu'en recevant cette mission j'étais assez ennuyé
et même peu compétent car j'ignorais s'il existait des différences
entre les cicatrices de brûlures électriques, chimiques,
thermiques.
En dehors de leur aspect externe. J'ai donc fait la bibliographie et heureusement
j'ai trouvé un article de mon maître Simonin qui disait qu'il
y avait à l'examen histologique (étude descriptive des tissus
constituant les êtres vivants) des images vacuolaires et qui pour
lui étaient typiques d'une brûlure électrique. J'étais
sauvé en ce qui me concernait. J'adressais le dossier au professeur
Laffargue qui était Pr d'anatomie pathologique, mon ami était
mécontent " je n'y comprends rien, ce n'est pas mon domaine
la question va être posée par le juge d'instruction
..
" Mais toujours est il que très curieusement l'affaire n'est
pas allée plus loin. Car la plainte a été retirée.
Ce qui est curieux c'est que personne ne s'inquiète de ce fait.
On peut se poser bien des questions, de deux choses l'une ou bien Alleg
a menti et n'a jamais eu des brûlures électriques ou bien
ce qui n'est pas non plus à son honneur il aurait eu peur d'une
simple petite biopsie, il s'agit d'un prélèvement au niveau
de sa cicatrice cutanée, pour faire la preuve de l'origine électrique
de sa cicatrice. Je ne connais pas la suite de cette affaire."
Professeur Pierre. Michaux . Conférence
au Cercle Algérianiste d'Aix-en-Provence le 13 novembre 2003.
Il serait donc d'après l'auteur de ''La
Question'' tout à fait logique d'une part d'être examiné
par des médecins internés comme lui et donc partie prenante
et d'autre part, de redouter (au point de retirer sa plainte), un bilan
sanitaire ou une contre expertise par un médecin mandaté
par un juge d'instruction. Un mois plus tard étaient visibles des
marques diverses qui ont sans doute perduré des mois encore. Il
est curieux en effet que cet homme dont le courage suinte au fil des pages,
ait pu craindre un examen bénin qui aurait pu donner plus de force
à son martyre.
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"je n'écrirai rien et ne comptez pas
sur moi pour dénoncer ceux qui ont eu le courage de m'héberger.
"
- " Non, je n'ai pas peur, j'ai froid."
"Vous avez tort d'employer de telles méthodes. Vous verrez.
Si vous avez de quoi m'inculper, transférez-moi à la justice
: vous avez vingt-quatre heures pour cela. Et vous n'avez pas à
me tutoyer."
"Chaque coup m'abrutissait davantage mais en même temps me
raffermissait dans ma décision : ne pas céder à ces
brutes qui se flattaient d'être les émules de la Gestapo."
" Alors ? " je restai silencieux."
" Alors, tu parles ? Tu n'as pas changé d'avis ? " je
le regardai et ne répondis pas."
" Alors ? ", dit Cha
je ne répondis pas."
"je ne bougeai pas et n'articulai plus un cri"
"qu'Ir.... me brûlait, je pouvais le regarder sans ciller"
"une seule idée restait claire pour moi : ne rien leur dire,
ne les aider en rien"
"j'avais donc encore le temps de me tuer si cela était nécessaire"
"je me sentais tout à coup fier et joyeux de n'avoir pas cédé.
J'étais convaincu que je tiendrais encore le coup s'ils recommençaient
: que je me battrais jusqu'au bout ; que je ne leur faciliterais pas la
tâche en me suicidant".
"je n'ai pas l'intention de collaborer avec vous"
"Sinon, vous allez disparaître. " Il attendait une réponse.
La seule qui me vint à l'esprit, je la lui donnai : " Tant
pis ! "
Pourquoi après avoir fait
preuve d'une telle bravoure ne pas accepter voire même solliciter
un ultime examen médical bénin pour preuve irréfutable
?
Il est également remarquable
que ces férocités qui venaient à bout, selon les
dires de l'auteur, de la résistance d'hommes combattants aguerris
et durs au mal, ne purent pas entamer la volonté d'un intellectuel
somme toute bien moins résistant.
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Les menaces
" Vous ne voulez rien dire ? Moi, je fais parler
les gens en leur mettant un couteau sur la gorge la nuit. Je
vous reprendrai. "
"Sans doute était-ce leur intention
à tous de me " reprendre ", lorsqu'ils décidèrent
de m'envoyer au camp de Lodi, " réserve " de suspects
que l'on extrait quand on le juge utile"
Conscients de la prise énorme
entre leurs mains et capables selon l'auteur de torturer jusqu'à
la mort, il est troublant que ces soldats du diable aient oublié
leur "intention"et n'aient pas "repris" le gibier
de choix qui était à la portée de leurs mains pour
en tirer les informations qu'ils jugeaient primordiales.
Et enfin une dernière question
qui est en fait La Question.
Comment se fait-il que l'armée consciente
du danger que représentait son prisonnier ait renoncé à
faire disparaître cet élément encombrant puisqu'il
est communément invoqué par les sympathisants du FLN que
ce fut pratique courante ? Comment ces militaires qui ont agi à
visage découvert certains de pouvoir être identifiés
tôt ou tard se refusèrent à éliminer ce témoin
gênant ?
En conclusion, nous ne prétendrons
pas que Monsieur Henri Alleg n'ai pas été torturé.
Mais il y a indiscutablement torture et torture. A quel niveau commencera-t-on
à parler de torture ?
De la torture morale, simplement verbale, aux pratiques abominables dignes
du Moyen Age en passant par le ''troisième degré'' , le
tabassage et les mutilations licites, il existe de nombreux stades.
On sait hélas que, selon les lois en vigueur dans certains pays,
certaines de ces pratiques sont légales et couramment appliquées.
Dans quel registre ALLEG se place-t-il ?
Enfin, réprouve-t-il ces pratiques chez ses amis des pays communistes
et de la République Démocratique et Populaire Algérienne
?
Et si oui que ne l'a t'il également dénoncé lorsqu'elle
était pratiquée sans retenue par ses amis du FLN ?
La réalité de la chose concerne
le principal intéressé face à face avec sa conscience.
Nous ne nierons pas davantage la torture, et
nous n'excuserons ni ses drames ni son horreur.
Nous essayons d'en comprendre les mécanismes en signalant qu'elle
ne fut pas comme on a bien voulu le dire employée systématiquement
et à grande échelle par l'armée française.
Et que si les cas rencontrés méritent d'être dénoncés,
il en fut d'autres bien plus cruels et généralisés
qui ne firent pas écrire la moindre ligne aux journalistes tant
épris des droits de l'homme, des milliers de cas qui n'inspirèrent
aucune plaidoirie à ces célèbres avocats humanistes,
et qui n'arrachèrent aucune larme aux défenseurs patentés
du genre humain.
Encore une fois, ici se vérifie
l'adage : deux poids et deux mesures
Il
est vrai que c'est également une torture d'être à
la fois juge et partie.
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