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Remords ou regrets ?
"C'est en décembre 1960, aux Petites Baumettes,
qu'il comprend qu'il faut renoncer à l'utopie d'une Algérie
plurielle…" "Libéré, Daniel Timsit passe à
Paris ses derniers examens de médecine et rentre à Alger
tenter, sans trop d'illusions, l'expérience fraternelle dont
il avait rêvé. Il collabore avec plusieurs ministres, notamment
à la réforme agraire. Après le coup d'Etat de juin
1965, il exerce quelques mois comme médecin à Alger, puis
quitte le pays et devient à Paris à la fois un spécialiste
d'endocrinologie et un généraliste" Et il explique la folie qui commence en 1962 et à
laquelle il se reproche d'être resté aveuglé : "
J'ai eu tort de ne pas vouloir comprendre, de ne même pas désirer
voir. On torturait des gens et je ne le savais pas. " Et aussi
: " L'autocensure totale. Sur la religion et sur plein d'autres
choses. C'est ce type de société où il n'y a pas
débat, où tu ne peux être toi-même, où
la société religieuse envahit tout peu à peu. Une
pression insidieuse. Je sais que j'ai fui cela. " "Mais au fil des ans et au contact avec la réalité,
les illusions sur les capacités révolutionnaires de ses
amis se lézardent. Il est d'abord choqué par la loi sur
la nationalité algérienne votée par l'Assemblée
Nationale en 1963. Cette loi fait de lui un étranger, et ce sont
ses amis qui interviennent pour qu'il soit citoyen par décret,
lui qui est algérien par ses ancêtres !"
-------------------------------------------------------------------------------- De son vrai nom SALEM, a été arrêté et détenu
par l'Armée française au début de la guerre d'Algérie,
Pendant sa détention, régulièrement inculpé
dans les formes légales, il a prétendu avoir été
torturé par électricité. --------------------------------------------------------------------------------
"La guerre contre la France n'était pas souhaitée par tous (...). Notre révolution a commis de graves erreurs. Elle continuera à en commettre, même après l'indépendance. La psychologie de certains maquisards et de leurs chefs a été souvent celle d'analphabètes (...). Lorsque l'exécution des ordres reçus revient à des hommes plus ignorants encore, on trouve l'explication, dans certains cas, de cruautés inutiles (...). Notre peuple n'est pas communiste. Sincèrement croyant, profondément attaché aux traditions arabo-berberes, il est encore trop loin d'une révolution de cette nature. Si elle se produisait, elle ne se traduirait que par un "gauchisme" et un "aventurisme" désastreux (...). La grande erreur de Ben Bella, c'est d'avoir tenté de substituer à l'Islam "le socialisme à la Fidel Castro", autant dire le communisme stalinien. Sa grande erreur, pour ne pas dire son crime, a été de déclencher et de poursuivre un processus de destruction de notre type de société auquel notre peuple était et demeure profondément attaché (…). j'ai vu Ben Bella courir à l'aventure et à l'échec. Il engagea dans cette voie de la catastrophe tout le pays (...). Entouré d'une poignée de gauchistes irresponsables, dont la majorité étaient des étrangers, voire des apatrides, tournant le dos aux réalités algériennes et aux principes de l'islam... (il) fit de son "socialisme" un instrument de défense et de représailles contre ceux qui pouvaient prétendre au partage avec lui des responsabilités et du pouvoir".
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