Remords ou regrets ?


Après avoir activement milité dans un conflit ou les motifs officiellement affichés étaient : " la paix en Algérie, l'émergence d'une Algérie fraternelle, l'opposition à la torture, et un idéal de tolérance", force est de constater que les "sympathisants" de l'indépendance virent à très courte échéance, leurs rêves angéliques s'envoler à tire d'aile.
Il fallait être ou extrêmement naïf ou d'un aveuglement sans bornes pour croire aux chimériques applications d'une société idéale. A preuve la situation des quarante années passées sur l'éden tant espéré et les déclarations de certains déçus copieusement cocufiés malgré les bons et loyaux services rendus à la cause du nationalisme algérien.

Daniel Timsit. Fabricant de bombes pour le FLN.

"C'est en décembre 1960, aux Petites Baumettes, qu'il comprend qu'il faut renoncer à l'utopie d'une Algérie plurielle…" "Libéré, Daniel Timsit passe à Paris ses derniers examens de médecine et rentre à Alger tenter, sans trop d'illusions, l'expérience fraternelle dont il avait rêvé. Il collabore avec plusieurs ministres, notamment à la réforme agraire. Après le coup d'Etat de juin 1965, il exerce quelques mois comme médecin à Alger, puis quitte le pays et devient à Paris à la fois un spécialiste d'endocrinologie et un généraliste"
Pierre Vidal-Naquet

Et il explique la folie qui commence en 1962 et à laquelle il se reproche d'être resté aveuglé : " J'ai eu tort de ne pas vouloir comprendre, de ne même pas désirer voir. On torturait des gens et je ne le savais pas. " Et aussi : " L'autocensure totale. Sur la religion et sur plein d'autres choses. C'est ce type de société où il n'y a pas débat, où tu ne peux être toi-même, où la société religieuse envahit tout peu à peu. Une pression insidieuse. Je sais que j'ai fui cela. "
François Geze

"Mais au fil des ans et au contact avec la réalité, les illusions sur les capacités révolutionnaires de ses amis se lézardent. Il est d'abord choqué par la loi sur la nationalité algérienne votée par l'Assemblée Nationale en 1963. Cette loi fait de lui un étranger, et ce sont ses amis qui interviennent pour qu'il soit citoyen par décret, lui qui est algérien par ses ancêtres !"
Lahouari Ad


http://anneedelalgerie.free.fr/timsit.htm

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Henri Alleg

De son vrai nom SALEM, a été arrêté et détenu par l'Armée française au début de la guerre d'Algérie, Pendant sa détention, régulièrement inculpé dans les formes légales, il a prétendu avoir été torturé par électricité.
"…Alleg dans l'Algérie d'aujourd'hui regrette que les communautés qui peuplaient ce pays n'aient pas réussi à coexister. Quand on voit Alleg se déplacer dans un fourgon militaire pour se rendre dans les grandes villes où il vécut, on mesure combien ce rêve s'est éloigné à jamais..""…Reste la vision d'une Algérie secrète entrevue derrière la vitre d'une voiture."
François Quenin à propos d'un retour filmé de H Alleg en Algérie. Historia N° 684, décembre 2003

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Les surprises d'un curé PIEDS-NOIRS pro-FLN


En 1962, en Algérie, une fois au pouvoir, les moudjahidine ne tardèrent pas à montrer le bout de leur oreille islamique lorsque les députés établirent les conditions de la
nationalité algérienne. Comme dans tous les régimes politiques régis par des musulmans depuis que s'est répandu l'islam, il fut créé deux catégories de citoyens: Ceux de filiation mahométane indubitable, à la citoyenneté automatique et inaliénable; ceux de souche non musulmane, en l'occurrence les quelques poignées de Pieds-Noirs qui avaient naïvement cru que l'Algérie algérienne, pour laquelle ils avaient pris parti (contre le choix majoritaire de leurs pareils) leur réserverait un traitement égalitaire et qui se trouvèrent soudain détenteurs d'une nationalité " révocable "... La dhimmitude, le statut du dhimmi, le citoyen minuto jure chrétien ou Juif vivant en terre d'islam (les tierces religions, sans parler des athées, n'ont pas droit à une existence légale dans une société
musulmane), était recréée, même si le nom n'était pas prononcé, dans la très "progressiste" République algérienne démocratique et populaire, selon son appellation officielle, alors espoir du tiers monde et objet de l'admiration inconditionnelle de quasiment toute l'intelligentsia occidentale. Une seule voix ou presque s'éleva, celle d'un simple député d'Oranie, l'abbé Alfred Berenguer, ancien curé d'un village de colons, Montagnac (plus tard Remchi), qui avait cru en l'Algérie indépendante au point, durant le conflit franco-algérien, d'abandonner sa cure et d'aller chercher de l'aide en Amérique latine pour le Croissant rouge algérien dépendant du FLN... Effaré, le prêtre s'écria, à la face de ses collègues parlementaires musulmans :
" Mais vous recréez les deux collèges de l'Algérie coloniale que vous avez avec raison combattus avec tant de vigueur! " L'honnête abbé en fut pour son indignation et il se retira bientôt de la vie politique pour être derechef responsable d'une paroisse " dépeuplée" en Oranie où il eut tout le loisir d'étudier les impératifs coraniques à l'endroit des non-mahométans.
Mounir Abdallah "Enquète sur l'histoire" N°15 hiver 96


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Ferhat Abbas (premier Président du GPRA)

"La guerre contre la France n'était pas souhaitée par tous (...). Notre révolution a commis de graves erreurs. Elle continuera à en commettre, même après l'indépendance. La psychologie de certains maquisards et de leurs chefs a été souvent celle d'analphabètes (...). Lorsque l'exécution des ordres reçus revient à des hommes plus ignorants encore, on trouve l'explication, dans certains cas, de cruautés inutiles (...). Notre peuple n'est pas communiste. Sincèrement croyant, profondément attaché aux traditions arabo-berberes, il est encore trop loin d'une révolution de cette nature. Si elle se produisait, elle ne se traduirait que par un "gauchisme" et un "aventurisme" désastreux (...). La grande erreur de Ben Bella, c'est d'avoir tenté de substituer à l'Islam "le socialisme à la Fidel Castro", autant dire le communisme stalinien. Sa grande erreur, pour ne pas dire son crime, a été de déclencher et de poursuivre un processus de destruction de notre type de société auquel notre peuple était et demeure profondément attaché (…). j'ai vu Ben Bella courir à l'aventure et à l'échec. Il engagea dans cette voie de la catastrophe tout le pays (...). Entouré d'une poignée de gauchistes irresponsables, dont la majorité étaient des étrangers, voire des apatrides, tournant le dos aux réalités algériennes et aux principes de l'islam... (il) fit de son "socialisme" un instrument de défense et de représailles contre ceux qui pouvaient prétendre au partage avec lui des responsabilités et du pouvoir".


"L'indépendance confisquée"

 

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