insoumis
Trahisons !

"Tu ne tueras point''.

En application de ce commandement, il est tout à fait respectable, pour des raisons d'éthique, de croyance, de religion, de refuser de porter les armes. Nous pouvons comprendre également des individus qui par peur ou en but à diverses difficultés refusent une incorporation qui leur porterait préjudice.
Ce sont des décisions honnêtes et bien souvent courageuses.
Nous pouvons concevoir également que dans un certain contexte, un soldat puisse quitter son poste sans pour autant être un lâche ou un traître. On peut comprendre que sa désertion est le résultat de nombreux traumatismes et que partant de là, il fuit un danger bien plus menaçant que la simple atteinte à son intégrité physique.
Par contre, il nous est difficile d'accepter le fait qu'un soldat sous prétexte d'être un partisan de la paix, puisse retourner les armes contre son pays, contre ses anciens camarades de chambrée en prenant fait et cause pour ses anciens adversaires.
C'est pourtant ce qu'engendra aussi la guerre d'Algérie. Car à côté de jeunes appelés remarquables qui répondirent présents à l'appel de leur pays, il se trouva des soldats qui non contents de fraterniser avec l'ennemi, allèrent jusqu'à participer à des opérations de combat ou à transporter armes et bombes destinées aux civils.

Fort heureusement, les cas sont rarissimes.*

 

Appel des déserteurs et insoumis anticolonialistes, en faveur de l'amnistie ....(mai 1962)


En 1955-1956, après dix ans de guerre coloniale, la jeunesse française a été appelée à participer directement à la répression contre le peuple algérien. Elle s'y opposa d'emblée par des comités ''contre l'envoi du contingent'' et des manifestations de ''rappelés'' soutenues par une partie de la population. Après l'insuccès de ces mouvements collectifs, de jeunes militants ne purent choisir qu'entre plusieurs solutions individuelles.
Certains, comme Jean Muller, pensant qu'il y avait une action à mener dans l'armée, acceptèrent de partir. Mais il apparaissait au contraire à d'autres que, sur le plan des résultats, l'aspect positif de leur rôle en Algérie était de beaucoup inférieur à son aspect négatif, à cause de l'engrenage dans lequel ils se trouvaient irrémédiablement jetés.
Certains alors, comme Alban Liechti et Jean Le Meur, préférèrent l'emprisonnement volontaire.
D'autres, voulant utiliser la liberté d'action laissée par l'insoumission et la désertion, choisirent cette solution afin de mener une lutte plus concrète contre cette guerre.
Dans cette perspective, un certain nombre d'entre eux, comme Gérard Meier et Louis Ohrant, actuellement détenus à Fresnes, ou les signataires de cet appel, comprirent que le combat du peuple algérien et celui du peuple français se rejoignaient: leur ennemi était commun et les mêmes obstacles empêchaient l'aboutissement de leurs revendications respectives. Ils en tirèrent comme conclusion pratique :
- de soutenir la Révolution algérienne en aidant la lutte quotidienne des militants du F.L.N. en France et à l'étranger;
- d'inciter et d'aider les jeunes Français à refuser collectivement de partir combattre en Algérie;
- de renseigner l'opinion française et internationale pour lui faire prendre parti dans le sens de leur engagement et susciter des prises de position conséquentes comme, par exemple, celle du ''Manifeste des 121''
Par cette action, ils voulaient contribuer à
- abréger la guerre, à soutenir la lutte pour l'indépendance du peuple algérien,
- enrayer le fascisme menaçant
- libérer leur propre peuple de l'aliénation dans laquelle le maintenaient des guerres coloniales interminables et
- imposer une véritable démocratie.
Pour cet engagement, nous avons été poursuivis et condamnés. Or, le droit à l'indépendance de l'Algérie a été reconnu par le gouvernement français. Le cessez-le-feu a été conclu entre lui et le G.P.R.A, la lutte contre les fascistes (dirigés par certains des chefs mêmes sous les ordres desquels nous aurions dû combattre) est menée par les autorités françaises, la gauche et le F.L.N.. Cette nouvelle étape doit logiquement amener la révision totale et immédiate de notre situation juridique actuelle.
Mais, si les formes qu'a revêtues l'action de tous les militants anticolonialistes ont pu être diverses, notre combat était, et reste, le même. C'est pourquoi, dans le cadre de cette révision juridique, nous demandons que ne soient pas dissociés les cas de ceux qui militent en France et en exil, des réfractaires et des militants des réseaux de soutien au F.L.N., de Jeune Résistance, du Mouvement Anticolonialiste Français, etc.
Nous voulons recouvrer nos droits civiques pour :
- contribuer ouvertement à la lutte pour l'instauration d'une démocratie réelle en France ;
- participer, dans la paix, à une vraie coopération avec le peuple algérien en nous efforçant de lui donner sa véritable signification qui va dans le sens de l'internationalisme prolétarien.

Cette dernière phrase peut nous donner une idée sur les motivations réelles et sur la base politique sur laquelle elle s'appuie

 

Appel des déserteurs et insoumis anticolonialistes, en faveur de l'amnistie ....(mai 1962)


En 1955-1956, après dix ans de guerre coloniale, la jeunesse française a été appelée à participer directement à la répression contre le peuple algérien. Elle s'y opposa d'emblée par des comités ''contre l'envoi du contingent'' et des manifestations de ''rappelés'' soutenues par une partie de la population. Après l'insuccès de ces mouvements collectifs, de jeunes militants ne purent choisir qu'entre plusieurs solutions individuelles.
Certains, comme Jean Muller, pensant qu'il y avait une action à mener dans l'armée, acceptèrent de partir. Mais il apparaissait au contraire à d'autres que, sur le plan des résultats, l'aspect positif de leur rôle en Algérie était de beaucoup inférieur à son aspect négatif, à cause de l'engrenage dans lequel ils se trouvaient irrémédiablement jetés.
Certains alors, comme Alban Liechti et Jean Le Meur, préférèrent l'emprisonnement volontaire.
D'autres, voulant utiliser la liberté d'action laissée par l'insoumission et la désertion, choisirent cette solution afin de mener une lutte plus concrète contre cette guerre.
Dans cette perspective, un certain nombre d'entre eux, comme Gérard Meier et Louis Ohrant, actuellement détenus à Fresnes, ou les signataires de cet appel, comprirent que le combat du peuple algérien et celui du peuple français se rejoignaient: leur ennemi était commun et les mêmes obstacles empêchaient l'aboutissement de leurs revendications respectives. Ils en tirèrent comme conclusion pratique :
- de soutenir la Révolution algérienne en aidant la lutte quotidienne des militants du F.L.N. en France et à l'étranger;
- d'inciter et d'aider les jeunes Français à refuser collectivement de partir combattre en Algérie;
- de renseigner l'opinion française et internationale pour lui faire prendre parti dans le sens de leur engagement et susciter des prises de position conséquentes comme, par exemple, celle du ''Manifeste des 121''
Par cette action, ils voulaient contribuer à
- abréger la guerre, à soutenir la lutte pour l'indépendance du peuple algérien,
- enrayer le fascisme menaçant
- libérer leur propre peuple de l'aliénation dans laquelle le maintenaient des guerres coloniales interminables et
- imposer une véritable démocratie.
Pour cet engagement, nous avons été poursuivis et condamnés. Or, le droit à l'indépendance de l'Algérie a été reconnu par le gouvernement français. Le cessez-le-feu a été conclu entre lui et le G.P.R.A, la lutte contre les fascistes (dirigés par certains des chefs mêmes sous les ordres desquels nous aurions dû combattre) est menée par les autorités françaises, la gauche et le F.L.N.. Cette nouvelle étape doit logiquement amener la révision totale et immédiate de notre situation juridique actuelle.
Mais, si les formes qu'a revêtues l'action de tous les militants anticolonialistes ont pu être diverses, notre combat était, et reste, le même. C'est pourquoi, dans le cadre de cette révision juridique, nous demandons que ne soient pas dissociés les cas de ceux qui militent en France et en exil, des réfractaires et des militants des réseaux de soutien au F.L.N., de Jeune Résistance, du Mouvement Anticolonialiste Français, etc.
Nous voulons recouvrer nos droits civiques pour :
- contribuer ouvertement à la lutte pour l'instauration d'une démocratie réelle en France ;
- participer, dans la paix, à une vraie coopération avec le peuple algérien en nous efforçant de lui donner sa véritable signification qui va dans le sens de l'internationalisme prolétarien.

Cette dernière phrase peut nous donner une idée sur les motivations réelles et sur la base politique sur laquelle elle s'appuie

 

Premiers signataires:


Fernand ABARCA, insoumis, classe 61 1/A.
Paul ARTOLA, insoumis, classe 58.
Jacques BAYNAC, insoumis, classe 59 1/A.
Claude BIGOT, déserteur, classe 60 2/B.
François BONICEL, brigadier-chef, déserteur, classe 60 2/B.
Bernard BRUMMER, incarcéré à Fresnes pour aide au FLN en 1960-1961, insoumis, classe 60 l/C.
Henri CAUSSE, déserteur, classe 59 2/B.
Sylvain DANIEL, insoumis, classe 60 l/C.
Roland DEMARGY, insoumis, classe 61 2/B.
Michel DENNI, déserteur, classe 59 2/A.
Jacques DIARD, déserteur, classe 59 l/C.
Robert DROGNAT-LANDRE, insoumis, rappelé, classe 55 1/A.
Noël FAVRELIERE, sergent déserteur, classe 54.
Jean-Pierre FOUNES, insoumis, classe 60 2/B.
Serge FROCHOT, insoumis, classe 58 1/A.
Roland GAUTHIER, déserteur, classe 60 2/A.
André GAZUT, déserteur, classe 58 2/C.
Jean-Claude GIRARDIN, insoumis, classe 61 2/B.
Claude GLAYMAN, déserteur, classe 59 l/C.
Roger GUENEGO, déserteur, classe 54.
David GUYON, déserteur, classe 58 1/A.
Patrick HELMLINGER, insoumis, classe 59 1/A.
Jean-Louis HURST-MAURIENNE, sous-lieutenant déserteur, classe 57 1/A.
Jean-Pierre KRIEF, insoumis, classe 60 2/A.
Serge LAMBERT, insoumis, classe 61.
René LEIGLON, insoumis, classe 56 1/A.
Daniel LETERRIER, déserteur, classe 60 1/A.
Maurice MASCHINO, insoumis, classe 58 2/C.
Michel MAZIERE, déserteur, classe 55 2/A.
Jean-Claude MEURANT, déserteur, classe 60 2/A.
Georges MICHEL, insoumis, classe 59 1/A.
Jean-Claude NOIRCLERE, insoumis, classe 58 1/A.
Jean-Claude PALETTE, insoumis, classe 61 1/A.
Christian PETIT, insoumis, classe 61.
Jacques POUS, déserteur, classe 60 2/A
Georges POUS, déserteur, classe 60 2/A.
Sylvain SANCHEZ, déserteur, classe 59 2/C.
Jean-Pierre SENNEVILLE, insoumis, classe 61.
Georges SFEZ, déserteur, classe 59 2/B.
Jean SOUSTRE, déserteur, classe 61 1/B.
Bernard TOUPET, insoumis, Classe 60 2/B.
Georges VAN RUYMBEKE, insoumis, classe 61 1/A.
Daniel VINZIA, insoumis, classe 611/B.

 

Quelques autres suivront qui pratiqueront une politique d'abstraction consistant à occulter les horreurs commises par leurs nouveaux amis. Ils considérerons comme quantité négligeable les victimes civiles de toutes confessions à partir du moment où elles étaient à l'actif du camp qu'ils ont choisi en vertu d'une prétendue justice dont ils se feront les ardents propagandistes. Certains rédigeront quarante ans plus tard des ouvrages et profiteront d'une guerre d'Algérie riche en "Best seller", revenue au premier plan de l'actualité et très prisée par les éditeurs.
Quoiqu'il en soit, on peut s'interroger sur ce qu'en penseraient les camarades tombés au champ d'honneur. Et quel est le résultat de l'action des signataires, dans l'Algérie d'aujourd'hui.

On peut objectivement se demander si l'agitation médiatique et le lavage de cerveau actuels ne servent pas à travestir les trahisons à l'ennemi et à masquer l'aide aux adversaires déclarés , autant de faits qui, en raison de la reconnaissance, en date du 18 Octobre 1999, de l'état de guerre pour les ''événements'' d'Algérie, seraient passibles de la peine de mort, encore en vigueur dans les tribunaux militaires en temps de guerre.

* Etude du 19 novembre 1968 du ministère de la défense N°37470. Sur les 1.101.580 appelés on dénombre 369 déserteurs, 4 officiers, 8 sous officiers et 357 hommes de troupe. Qui furent rapidement amnistiés grace aux sympathies de différentes formations politiques.
Le fameux réseau "Jeanson" les dénombrera à 3000.
Eternelle propagande de l'inflation des chiffres !!

 

Déserteur:

Insoumis

Objecteur

Traître

 




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Vers édito