Le général Jacques le
Groignec, auteur déjà d'une
Philippique contre des mémoires gaulliens (2) n'a
aucune peine à démonter le mensonge selon lequel Philippe
Pétain n'était pas le Vainqueur de Verdun que l'on croit:
il se serait fait porter malade, laissant à son état-major,
en cas d'échec, la tâche «d'essuyer les plâtres
», et, comme ces «plâtres» ne sont pas tombés,
il aurait volé au secours de la victoire pour s'en attribuer
la paternité! Cela fait penser aux pharisiens qui se vantaient d'être en règle avec leur religion et qui estimaient que les publicains ne pouvaient être aimés de Dieu. Déjà, on voit ce qu'est cette religion-là. Charles De Gaulle lui-même n'a pas osé contester la victoire de Verdun à Philippe Pétain. Présidant, le 29 mai 1966, le cinquantenaire de la bataille, il déclarait: «La gloire que le maréchal Pétain avait acquise à Verdun, puis gardée en conduisant ensuite l'armée française à la victoire, ne saurait être contestée ni méconnue par la Patrie ». Georges Hirtz est
plus qu'un historien, c'est un témoin. Administrateur dans le
bled algérien, il fut appelé, avec trois de ses confrères,
à faire partie du cabinet civil du général Weygand,
alors que celui-ci, sur ordre du Chef de l'Etat Français et à
la barbe des commissions allemandes d'armistice, parcourait l'Afrique
avec succès pour constituer l'armée de la reconquête.
Philippe De Gaulle prétend que son père
avait vu Mais là encore, pour mieux faire douter des capacités
de Weygand, Philippe
De Gaulle s'abaisse à attaquer son âge et son origine (dont
il ne sait évidemment rien). Première insinuation:
le général Giraud, ayant été
fait prisonnier par les Allemands au début de la guerre, se serait
évadé de la citadelle de Koenigstein avec la bénédiction
de ces mêmes Allemands qui auraient espéré le voir
jouer un rôle en leur faveur, aussi bien en France qu'en Deuxième insinuation: dans l'affaire de l'assassinat de l'amiral Darlan, il faut voir qui pouvait être bénéficiaire du crime. Giraud, qui avait rejoint l'Algérie, n'était-il pas tout désigné pour succéder à l'amiral? Sous-entendu: De Gaulle, qui se trouvait encore à Londres, est audessus de tout soupçon. D'ailleurs, Rooseveit et même Churchill, à cette époque, auraient préféré Giraud à De Gaulle... qui avait un caractère peu commode. Donc, si l'on comprend bien le raisonnement gaullien, les Allemands
auraient fait évader Giraud et les Anglo-Saxons auraient misé
sur lui. Belle unanimité...pour barrer la route au seul De Gaulle! En tout cas, toutes ces insinuations ne nous disent pas, en fait, qui est à l'origine de l'assassinat de l'amiral Darlan. Alors, parcequ'il sent peut-être qu'il est allé trop loin, le fils affirme que son père estimait, tout compte fait, que ce fut l'acte d'un isolé, le jeune Bonnier de la Chapelle. Et voilà! Tant de venin pour arriver à cette conclusion! Laissant à Arnaud de Chantérac le soin de pulvériser la seconde insinuation, Henri-Christian Giraud livre les résultats de son enquête sur l'évasion de son grand-père. On y voit la fureur d'Hitler, la condamnation des gardiens défaillants, les pressions subies à cette occasion par le gouvernement de Vichy, les représailles allemandes sur la famille du général. On peut, certes, ne pas admirer la rigidité du général, vu les conséquences qu'elle entraîne, mais Henri-Chnstian Giraud nous la livre telle quelle, sans fioritures. Son objectivité est garante de sa démonstration. Et l'on mesure du même coup combien la volonté de nuire sans fondement fait partie de 1' arsenal gaullien, dit « chrétien». . . Jean-Robert Gorce,
rédacteur en chef de la revue «Histoire
de guerre», s'attaque à la bataille de Montcomet,
où il démonte, justement, le mythe De Gaulle, chef de
guerre. Il faut savoir, d'abord, que De Gaulle en 1943, dans une réédition
imprimée à Beyrouth, a glissé une phrase De même, Yves Amiot
bat en brèche les versions successives auxquelles s'est livré
au fil des année Philippe De Gaulle, Pourquoi ce besoin de magnifier la statue du commandeur, sinon pour
empêcher toute association d'idées entre la reddition du
capitaine De Gaulle, en 1916, et l'armistice demandé par Philippe
Pétain, en 1940? Chez les De Gaulle, on ne se rend pas, on ne
capitule pas, on garde Au sujet du putsch des généraux, de ses raisons, Philippe
insiste: «jamais il ne s'est senti responsable d'avoir trahi je
ne sais quelle promesse qu'il aurait faite à je ne sais qui.
C'est lui qui s'est senti trompé dans la confiance qu'il avait
accordée à des hommes dont il n'attendait que compréhension
et obéissance. Mais Charles De Gaulle
lui-même n'a-t-il pas contredit les assertions
de son fils? Voici un extrait de sa déclaration du
11 avril 1961: «La France considérerait
avec le plus grand sang-froid une solution telle que l'Algérie
cessât d'appartenir à son domaine, solution qui, en d'autres
temps, aura pu paraître désastreuse pour nous et, qu'encore
une fois, nous considérons actuellement avec un coeur parfaitement
tranquille (...). Il y a des gens qui diront: «Mais
c'est la rébellion qui vous amène à penser de la
sorte! » Je ne disconviens Ainsi, c'est bien avant les événements de 1954 que «le plan» avait été établi. Il faut remonter, au moins, au discours de Brazzaville du 8 décembre 1943 pour voir que tout avait été prémédité de la liquidation de l'Empire, sur lequel, tout en le démantelant, De Gaulle s'appuyait pour conquérir le pouvoir, - alors que le maréchal Pétain l'avait mis à l'abri pour la libération de la Patrie et dans un esprit de consolidation France-Empire par le moyen d'une doctrine spirituelle et sociale puisée aux sources mêmes de la Doctrine sociale de l'Eglise. Si l'on devait faire le bilan des pertes que nous a values en vies
humaines, tant françaises qu'amies des territoires d'outre-mer,
l'aventure gaulliste, on s'apercevrait qu'il est bien supérieur
à celui de la guerre face aux Allemands. Sans compter les désastres
spirituels et moraux que cela a entraînés et qui ont ouvert
la porte aux lois de mort que nous connaissons. Philippe
De Gaulle aura beau dire et beau faire, prétendre -
pour ne parler que des massacres provoqués par les «accords
d 'Evian» - que le bilan,
selon des statistiques auxquelles s'en tenait son père, n'était
que de «vingt-cinq victimes répertoriées au nord
d'Oran» (p. 289), c'est
prendre les Français, oui, pour des «veaux »,
comme disait le général. Patrick Ehrhardt doute
qu'on ait retrouvé des vestiges de l'avion de Saint-Exupéry,
perdu en mer le 31 juillet 1944, mais là n'est pas la question.
Simplement, il déplore qu'à l'annonce de cette nouvelle,soixante
ans après la fin de la guerre, l'amiral De Gaulle n'éprouve
toujours La réalité est que Saint-Exupéry
n'était pas plus vichyssois que gaulliste. Seulement,
comme il avait perçu que la dissidence était facteur de
divisions entre les Français et qu'il s'était efforcé
de prôner l'union, il s'était attiré, aussi bien
à New-York qu'à Alger, le déchaînement de
la hargne gaullienne. L'auteur montre bien que si, dans l'absolu, De
Gaulle et Saint-Exupéry prêchent l'union, cela n'a pas
le même sens. Pour l'un, il s'agit de faire l'union derrière
sa personne, pour l'autre, il s'agit de faire l'union pour la France,
et surtout pour sa survie. Car Saint-Ex, prophète en son genre,
craint bien plus pour l'avenir que pour le présent. «Bref,
écrit Patrick Ehrhardt, «De quelle philosophie se nourrissent ces mots? Tout est
creux qui ne tire pas son sens d'une structure réelle et particulière.
Ordre, justice, culture... bien sûr, bien sûr, mais selon
Marx, Mein Kampf ou l'Evangile?» (p. 269). Certes, il ne s'agit
pas de faire de Saint-Exupéry un homme pétri de la doctrine
sociale de l'Eglise - sa démarche serait plutôt humaniste
-, mais, instinctivement, il savait bien qu'il fallait faire un choix,
comme l'avait fait le Maréchal. Eh bien! la réponse à ces angoissantes questions n'est-elle pas dans cet aveu de Charles à Philippe, - aveu de faillite dont il veut, malgré tout, se dédouaner: «J'avais rêvé d'une confédération de peuples libres en Afrique. L'Algérie y aurait occupé l'une des premières places ou la première, non de droit mais de fait. Nous aurions conservé un attachement réciproque et constitué une forme d'entente avec eux, dont notre union française n'était qu'une première réalisation évolutive. Hélas! sauf à bénéficier d'abondantes subventions de la France, ni les métropolitains, ni les Pieds-Noirs, ni les Arabes, ni les Kabyles, ni les Noirs (il met tout le monde dans le même sac) n'en ont voulu. J'attends encore ce qu'il aurait fallu faire et que je n'ai pas fait pour arriver à ce résultat» (De Gaulle, mon père, p. 295). «Un rêve », donc... A moins que ce ne fût, en réalité, un rêve inséré dans un plan, car il a tout fait, en effet, pour arriver plutôt au résultat que nous connaissons. Fabienne Mercier-Bemardet, -
car l'amiral De Gaulle s'en prend au coeur
même de l'authentique Résistance, - brosse
le portrait du colonel Paillole, figure emblématique
des services spéciaux traditionnels. Ce faisant, elle nous aide
à discerner le bon grain de l'ivraie. L'amiral
Lacoste, ancien directeur général de la Sécurité
Extérieure (DGSE), a pu dire de
Paillole: «Entre 1935
et 1945, pendant les années cruciales qui vont de l'avant-guerre
à la victoire des alliés sur l'Allemagne nazie, il n'a
cessé de lutter contre le même adversaire. Au sein, puis
à la tête des services militaires de contre-espionnage,
il a traqué les espions allemands, infiltré les réseaux
ennemis, reconstitué les filières détruites, soutenu
les résistants et fourni aux armées de la libération
des renseignements décisifs. L'auteur démontre que la débâcle de 1940 ne fut pas une défaite des services de renseignements, mais qu'elle est due aux carences des politiciens de la Ille République. Cependant, c'est parce que ces services de renseignements furent amenés à obéir au gouvernement de Vichy, comme ils avaient obéi aux gouvernements précédents, que Paul Paillole est taxé de «colonel vichyssois» par l'amiral De Gaulle, avec toute la connotation infamante que l'on sait. Il est de fait que Paillole a reçu les encouragements du général Weygand et qu'il ne lui échappe nullement que les conventions d'armistice permettent aux deux cinquièmes du territoire constituant la zone libre «d'avoir des frontières communes avec des pays neutres - la Suisse et l'Espagne - et que sa côte méridionale permet de gagner l'Empire français, c'est-à-dire l'Afrique du Nord». Même si ses services sont officiellement dissous, il est clair que leur mission doit se continuer dans une clandestinité accrue: «Nous devions poursuivre, explique-t-il, par tous les moyens de guerre, la lutte contre l'Axe et nous opposer aux menées des services spéciaux ennemis et de leurs auxiliaires» (p. 296). Et ce, dans les deux zones, sous les ordres du colonel Rivet et du lieutenant-colonel de Malmaison. Paillole était alors capitaine. On ne peut entrer ici dans les détails de l'organisation des réseaux clandestins qu'il active sous le nom de Perrier, mais ceci est capital: selon Paillole, «ce statut, si secret qu'il n'est rédigé qu'en trois exemplaires, est finalement signé par Pétain vers la fin du mois d'août 1940. Il autorise le service à poursuivre son travail et accorde le bénéfice des congés d'armistice au personnel militaire d'encadrement. Le document donne, de surcroît, aux services clandestins les moyens, matériellement et financièrement, de continuer leur mission ». Les membres des services spéciaux clandestins en congé d'armistice, tels Paillole en 1940, continueront «de percevoir une solde, du moins jusqu'à l'occupation totale du territoire (en novembre 1942) » (p. 300). Paillole n'a pas approuvé l'entrevue de Montoire, mais
l'élan donné par Pétain et Weygand permit aux services
spéciaux de l'armée de s'adapter aux diverses circonstances,
avec, pour objectif constant, de chasser l'envahisseur. Toute
sa philosophie tient dans cette pensée qu'il exprimait ainsi:
«N'est-ce pas la vocation des services
de renseignements et de contreespionnage d'aller au-delà de l'aspect
purement politique d'un Etat, voire de transgresser les règles
officielles de rapports entre Etats, pour poursuivre une mission de
défense permanente, quelles que soient les circonstances politiques?» Cependant, après voir rattaché par décrets à
sa personne les services spéciaux unifiés.
De Gaulle, toujours par tactique politicienne, ouvrit leurs
portes à ce que l'amiral Lacoste appelait un «amalgame
hétéroclite d'aventuriers» qui prétendaient
avoir des titres de résistance et Cet itinéraire d'un officier français, exclusivement
au service de son pays «quelles que soient
les circonstances politiques»,
l'amiral De Gaulle l'ignore totalement. Paillole était
«vichyssois». . . Darlan, très contesté à cause de sa politique
jugée pro-allemande à la tête du gouvernement du
maréchal Pétain pendant quatorze mois, était-il
un traître? Tenant, avec le document Eden, le fil conducteur qui lui permet d'affirmer que le complot fut britannique, au bénéfice du général De Gaulle, Arnaud de Chantérac, n'eut plus qu'à le suivre pour découvrir les aboutissants: des réseaux gaullistes et monarchistes manipulés par l'Intelligence Service, avec, au final, le malheureux Bonnier de la Chapelle, qui crut à l'absolution d'un prêtre intrigant et à la protection des commanditaires. Il mourut fusillé... C'est bien à la légère que l'amiral De Gaulle a remué ces sujets explosifs. Irrésistiblement, la vérité historique fait son chemin... Claude MOUTON-RAIMBAULT (1) Editions du Rocher. Préface d'Henri-Christian
Giraud. Extraits de « Lecture et Traditions » n°331 de Septembre 2004 Crédit: PNHA de Janvier 2005
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