Histoire et politique

 

Des voix s'élèvent pour signifier que si, à l'époque de la conquête, il y avait peu ou pas grand chose en Algérie, c'était parce que l'armée y avait tout détruit en particulier les canalisations romaines encore en usage en 1830.

C'est vrai une guerre est faite de destructions et d'horreurs. Une armée en campagne détruit nous le savons bien. Il suffit de jeter un coup d'œil rétrospectif sur les pilonnages alliés de la seconde guerre mondiale qui n'ont pas laissé grand chose debout, semant la terreur et la ruine pour la bonne cause, n'épargnant même pas les partenaires victimes de "bombardements amis".

Et si l'armée du général Bugeaud à détruit, elle a aussi beaucoup construit.

La France n'a pas non plus inventé les razzias et les historiens savent que c'était une pratique courante entre les trois cents et quelques tribus sous domination turque.  Les argumenteurs éclairés, sans s'en rendre compte, tellement aveuglés par le zèle qui les pousse à défendre leur vision des choses, et à accabler à travers les siècles l'armée française, ne se rendent pas compte que leurs propos vont à l'encontre du but recherché.

Affirmer qu'en 1830, les populations autochtones utilisaient les réseaux de voirie vieux de près de deux millénaires est une injure grave que nous ne saurions proférer. C'est bien plus énorme que ce que nous aurions pu, avec notre mauvaise foi permanente inventer. Ce sont des historiens qui le rapportent et en plus ils donnent raison au sage de Colombey qui disait sans vergogne : «…. Les Arabes, ce n'est rien. Jamais on n'a vu des Arabes construire des routes, des barrages, des usines. Après tout peut-être n'ont-ils pas besoin de routes, de barrages, d'usines…"

Que dire de plus ? Se taire car si l'histoire et la politique s'allient, l'opposition est trop forte. Nous leur laissons simplement la responsabilité de leur propos.

desinfo@lecri.net

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