HAMLAOUIGAULLE  (1)

  

Nous publions dans le dernier numéro de ‘’ Clin d’œil ‘’, un document dont l’importance dépasse singulièrement, à notre avis, celle que l’on serait tenté de concéder à une période historique révolue et éloignée de nous de plus de quarante années déjà.

Cela représente pour les plus jeunes de nos lecteurs une quasi-éternité, quasiment le temps des lampes à huile et de la marine à voiles, comme disait l’autre !

Et pourtant cette période 1954-1962 est absolument fondamentale pour l’histoire contemporaine  et  toute notre situation présente en découle : nos  malheurs, l’abandon de nos biens, le massacre des  harkis  et des pieds-noirs par les sbires du F.L.N. qu’un ministricule absout aujourd’hui.

Cette  offensive anti-Algérie Française peut réussir à condition que l’opinion publique ne soit pas informée  d’une manière objective, d’où l’importance capitale du mensonge sur les évènements post cessez-le-feu, d’où le mensonge comme agent de neutralisation puis de conquête  des  intelligences.

« Je  hais  les  mensonges qui nous fait tant de mal » disait très justement le Maréchal Pétain, mais il était trop optimiste en employant le passé car le règne du mensonge continue à se raffermir en 2003, témoin la lettre du sous-ministre  des anciens combattants à un député, « les  français  ont  la  mémoire courte » disait encore le Maréchal et ceci explique malheureusement cela.

Comment douter d’ailleurs du rôle décisif de ce mensonge dans le triomphe de la subversion quand on voit avec quel  soin, quel acharnement, quelle obsession pathologique, il est constamment repris, répété, martelé, ressassé inlassablement partout : ce sont des commandos O.A.S. qui sont responsables des massacres de la rue d’ISLY  et accessoirement ceux  du 5 juillet à Oran.

Quand on voit avec quel mépris du droit et de la justice, en absence de toute honnêteté et de tout  bon sens, on fait taire les imprudents qui ont l’audace de contester ces témoignages partiaux.

Après quoi court un vieillard excentrique (2), doyen du  gouvernement, 73 ans dans quelques jours ? Il a donc écrit une lettre à plusieurs députés, lettre scandaleuse qui a été reproduite sur ce site qui reprend la thèse officielle développée par les autorités gaullistes : celle d’un complot O.A.S. le 26 mars 1962, rue d’Isly à Alger. Ce jour là, on avait placé des tirailleurs en faction sous les ordres du lieutenant Ouchène qui est devenu Duchène avant de mourir prématurément à Nice alors qu’il souffrait de troubles psychiques, hanté qu’il était par cet odieux massacre, qu’il n’avait pas voulu, ni commandé….comme on le dit vulgairement ‘’il n’était plus d’équerre’’ et il est mort assez jeune….peut-être rongé par les  remords, par le drame des centaines de morts et de blessés dont beaucoup ont été touchés dans le dos, par le souvenir de cette journée. Nous avons tous entendu ses cris « halte au feu », cris inutiles et qui n’ont pas réussi à éviter ce génocide. Il a été traumatisé à vie par le sort des familles anéanties à tout jamais.

A propos de cette fusillade, au delà des responsabilités, on pourrait, on s’en doute, argumenter plus particulièrement encore, et aller voire même jusqu’à la mention de     ‘’ complot gaulliste ‘’ ou  complot des barbouzes qui opéraient à l’époque à Alger.

 Ce drame rejoindra d’autres d’exemples célèbres dont l’histoire fourmille, par exemple l’incendie du Reichstag

Une vue plus poussée des choses conduit ce membre du gouvernement à mettre en cause tous les témoins de l’évènement qui pour la plupart (journalistes, radio-reporters, etc. ) nient le tir des membres de l’O.A.S. (NDLR combien en a-t-on identifiés ?), presque tous parlent d’un piège.

Nous avons suivi ce personnage dans sa longue ascension vers les ‘’sommets’’ : pour lui il n’y a que la réussite qui compte et les moyens importent peu. Son seul Rêve a toujours été de devenir ‘’quelqu’un’’… Normal pour un obscur natif de Souk-Ahras.

Il a tout fait pour paraître.

Sur le problème des harkis, il n’a rien à dire, rien à proposer : on l’a vu lors de son passage à  la direction  de l’intégration au ministre des affaires sociales, mais pour lui la présence compte énormément. Il a donc rallié Chirac après avoir été nommé une première fois au conseil économique et social par les socialistes et avoir tenté de demeurer à son poste lors de l’arrivée de Martine Aubry.

Depuis il a été reconduit au C.E.S. par l’actuelle majorité.

Ce qui nous chagrine, c’est qu’il proteste contre un papier publié sur un site internet ( le CRI ), face à des centaines de familles de victimes et à ses actuels obligés dont il est devenu un supplétif (bien qu’il n’apprécie pas le terme. ). Il semble faire du juridisme (c’est vrai qu’il en a la formation)…

Pour nous il a l’indignation très sélective puisqu’il n’a pas cru devoir protester contre la plaque apposée au Pont Saint Michel par Bertrand Delanoé, maire de Paris à la mémoire (sic) des héros F.L.N. (sic).

C’est un personnage difficile à saisir : sans complexe, persuadé de sa supériorité.

Président du C.N.F.M (3), il a annoncé dans le numéro 2 du bulletin de son bidule ‘’Réussir ensemble‘’, la création d’un ‘’ machin ‘’ qu’il dénommé ‘’France-Egalité’’ et qui, d’après lui, est l’esquisse d’un projet d’action, de rapprochement entre les immigrés musulmans français rapatriés et leurs enfants ( NDLR un mariage de la carpe et du lapin en quelque sorte).

Il écrit que, pour lui, cette démarche est réaliste et correspond à l’attente des français (lesquels ?). Il poursuit en parlant de lutte contre la fracture sociale (là, il est la voix de son maître). Toujours pour lui ce message  fort est déterminant dans le microcosme Franco-Maghrébin (sic). Après F.M.R., R.O.N.A  et autres appellations, voilà que ce personnage invente une  nouvelle  appellation. Nous comprenons mieux l’accolade et les baisers que lui a prodigués Boutéflica lors de son voyage à Alger avec Chirac.

C’était en quelque sorte le ‘’plat de lentilles’’ des Algériens à l’un des leurs qui prône ouvertement un rapprochement entre les deux rives de la méditerranée et qui se fait le porte-parole de l’immigration algérienne.

Ahmed Kaberseli

(1) Le titre de cet article nous a été inspiré par un ouvrage de Lucien ADES : ‘’Ahmedgétorix’’ Editions du Rocher, 1976…

(2) Le terme de vieillard n’est pas péjoratif, pas plus que celui d’excentrique qui, selon le dictionnaire, est synonyme de bizarre, extravagant

(3) C.N.F.M. Conseil National des Français Musulmans

Point de vue