Il aura donc fallu quarante ans pour que le président de la
république songe à "réhabiliter" les harkis. Pauvres gens qui ont tout sacrifié,
qui ont même pardonné à ce "néo gaulliste", héritier de de Gaulle et de Pompidou
sa lâcheté et sa trahison, son très long silence de plus plusieurs décennies, ça
doit être un cas de conscience terrible pour cet homme.
Pauvre France, pour essayer de survivre, elle a sans doute faite sienne cette
phrase de Tocqueville, l’homme qui croyait à la démocratie "J’ai toujours
remarqué qu’en politique, on périssait souvent pour avoir trop de
mémoire".Soyons donc rassurés pour la France: elle sera immortelle.
Il y a eu 220.000 musulmans très "engagés" aux côtés de la France (1,5 millions
de personnes avec leurs familles) ou "compromis" comme le disent si élégamment
"les porteurs de valises". La France n’aurait-elle pas pu sauver des dizaines de
milliers de personnes? En réalité, ce qui importait, au "Guide" c’était la
fiction d’un état algérien coopérant avec la France, c’est-à-dire la fiction de
la réussite de sa (peu) brillante politique. En juillet-août 1962, la puissance
de feu et surtout la cohésion du fantomatique F.L.N. étaient si peu
impressionnantes que le sauvetage d’un grand nombre de harkis était fort
possible si ce n’est aisé….. De surcroît, la France avait d’autres moyens de
pression à commencer par ceux financiers. Il n’est donc pas sérieux d’avancer le
caractère inéluctable du massacre des harkis à grande échelle. La responsabilité
des gaullistes (tout le monde connaît les nombreuses circulaires interdisant le
rapatriement de ces hommes, nous ne reviendrons pas dessus ici) est d’autant
plus grande que le jour de l’indépendance de l’Algérie, l’armée française encore
en Algérie est restée l’arme au pied pendant que les égorgeurs agissaient…..
Mais de cela, ni Chirac, ni Messmer alors ministre de la défense n’en parlent.