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VA-T-IL ALLER
DEMANDER L'AMAN DU RAÏS ET BAISER SA BABOUCHE?
« Malheur à ceux qui remuent le fond
d'une nation »
RIVAROL (Fragments et pensées politiques)
Est-ce un retour du balancier ? et la vengeance
du coup d'éventail qui a déclenché la conquête
de l'Algérie, Selon le quotidien algérien «
Jeune Indépendant » qui relate les déclarations
de Douste-Blazy qui est annoncé à Alger les 9 et 10
avril. Le ministre des affaires (qui lui sont) étrangères
parle de rencontrer son homologue algérien, Mohamed Bedjaoui
pour évoquer la coopération entre les deux pays et
la signature du traité historique (sic) par les deux présidents
dans les semaines à venir à l'occasion d'une visite
donnée pour sure du président Chirac à Alger
(une de plus)... Il aime tellement les voyages à son âge.
Le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean Baptiste
Mattei déclare quant à lui « nous cherchons
des dates qui conviennent aux deux parties », Rappelons
les prétentions du president Boutéflica à demander,
à exiger de la France une repentance pleine et entière
pour « les crimes commis durant la colonisation de
l'Algérie (1830-1962), étant entendu que les membres
du F.L.N, sont tous blanchis malgré les pogroms exécutés
».
On nous rabat les oreilles avec ce traité alors que l'Algérie
est loin d'être un pays démocratique tel que l'on entend
généralement (mais pétrole oblige, contratsindustriels
obligent on ferme les yeux ), on ferme les yeux par exemple sur
l'ordonnance n° 06-08 fixant les conditions et les règles
d'exercice des cultes autres que musulman (Journal officiel algérien
N°12 du 1 mars 2006) qui édicte un certain nombres de
peines pouvant être requises contre ceux qui ne se conformeraient
pas à ce texte, les peines peuvent aller jusqu'à cinq
ans d'emprisonnement et un million de dinars d'amende.
L'article 10 de cette ordonnance stipule que « sera
puni d'un emprisonnement de un, à trois ans et d'une amende
de 250 000 à 500 000 dinars, quiconque, par discours
prononcé ou écrit affiché ou distribué
dans les édifices où s'exerce le culte, ou qui utilisent
tout autre moyen audiovisuel contenant une provocation, tendant
à résister à l'exécution des lois et
aux décisions de l'autorité publique ou à inciter
une parie des citoyens à la rébellion ».
L'article Il s'applique également aux personnes qui «
incitent, contraignent ou utilisent des moyens de séduction
tendant à convertir un musulmans à une autre religion
».
N'y a t il pas là matière à
réflexion, alors que les musulmans vivant en Europe font
du prosélytisme (on a parlé dans la presse de quelques
60 000 conversions ces dernières années), qu'ils
réclament et obtiennent la construction d'édifices
religieux alors qu'en terre d'Islam et en Algérie en particulier
la loi bloque l'exercice des religions non islamiques rappelons
que les non musulmans sont moins de 1% de la population algérienne
quant aux juifs on doit pouvoir les compter sur les deux mains)
Autre leçon que l'on peut tirer de cette
ordonnance « les collectes de dons doivent être
habilitées par les autorités, les collectes non autorisées
sont susceptibles d'ébranler la foi d'un musulman ».
Et enfin cerise sur le gâteau, alors que
la Ligue des droits de l'Homme et son président M. Tubiana
et toutes les associations qui combattent le racisme sont en pointe
contre ce qu'ils appellent la double peine (expulsion d'un délinquant
à sa sortie de prison), l'ordonnance 6-08 signée Boutéflica
établit cette double peine article 14, « la juridiction
compétente peut interdire à un étranger, condamné
pour avoir commis l'une des infractions prévues par l'ordonnance,
« le séjour sur le territoire national définitivement
ou pour une période qui ne peut être inférieure
à 10 ans. Il découle de l'interdiction de séjour
l'expulsion, de plein droit, hors du territoire national, de la
personne condamnée, après execution de la peine privative
de liberté ».
La criminalisation du prosélytisme religieux
en Algérie, où pourtant la liberté religieuse
et la liberté du culte est reconnue par la constitution a
été et c'est le moins que l'on puisse dire la nouvelle
réglementation a été accueillie par les non
musulmans avec circonspection, ceux-ci ont six mois pour se conformer
à la nouvelle ordonnance.
Ce nouveau texte n'est pas très rassurant. « Dans
la formulation nous ne sommes pas très satisfaits, des gens
malintentionnés peuvent en faire un usage abusif »
(déclaration à lÕAFP le père Gilles Nicolas,
proche collaborateur de l'archevêque d'Alger, Mgr Henri Teissier.
L'église catholique depuis Mgr Duval a pourtant joué
le jeu de la conciliation avec les autorités algériennes,
en vain semble-t-il ! elle a fait un marché de dupes.
Mais revenons à l'ordonnance, son article
9 instaure une commission nationale, placée auprès
du ministre des affaires religieuses, chargée de donner un
avis préalable à l'agrément des associations
à caractère religieux et à l'affection d'édifices
pour l'exercice du culte. Sa composition ainsi que les modalités
de son fonctionnement seront précisées par décret
exécutif Ces modalités inquiètent les églises
protestantes pour qui, si les personnes qui composeront cette commission
ont un esprit ouvert, il n'y aura aucune inquiétude, Si,
par contre, elles sont fermées au dialogue, des problèmes
vont probablement se poser, c'est l'avis du Pasteur Hauzenberger.
Indiscutablement cette loi ouvre la voie à
toutes sortes d'interprétations et constitue une atteinte
à la liberté de culte.
A. Kaberseli
Le Clin d'oeil, N°195, mai 2006
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