_texte intégral Incohérence
L’intransigeance de l’État à imposer un système unique d’éducation rétrécit les perspectives du pays dans son ouverture sur le monde et agresse brutalement le droit des familles à doter leurs enfants de toutes les chances pour être compétitifs sur le plan des connaissances. On se demande quelle urgence a poussé les services de l’éducation à fermer en pleine année scolaire des écoles privées, compromettant gravement la scolarité de milliers d’enfants et jetant par là même leurs parents dans le désarroi. Apparemment, le sort de ces élèves n’a pas du tout été intégré dans cette décision. Puisque le délai accordé, septembre dernier, à ces établissements n’a pas été respecté par les pouvoirs publics eux-mêmes, il aurait été plus cohérent d’attendre la fin de l’année scolaire pour procéder à la fermeture. L’École algérienne reçoit ainsi un nouveau coup parce que l’on n’arrive toujours pas à arrêter durablement un modèle qui respecterait le droit des familles à choisir l’instruction qu’elles souhaitent donner à leurs enfants et à améliorer les performances de l’école publique. L’intransigeance de l’État à imposer un système unique d’éducation rétrécit les perspectives du pays dans son ouverture sur le monde et agresse brutalement le droit des familles à doter leurs enfants de toutes les chances pour être compétitifs sur le plan des connaissances. Pourtant, cette diligence à sanctionner ne se manifeste pas contre l’endoctrinement des élèves par les militants islamistes revenus en force depuis quelque temps. On n’a rien vu non plus quand des écoles, faute de moyens, sont livrées à l’insécurité. On se demande surtout où étaient les fonctionnaires, qui sévissent aujourd’hui, quand ces écoles ont ouvert leurs portes puis recevaient des milliers d’enfants à travers tout le pays. Si elles sont aussi nocives, pourquoi les a-t-on laissées faire ? Encore une fois, l’intérêt des premiers concernés, les enfants, relève de l’accessoire face à des questions de registre du commerce et autres prétextes pour étouffer un espace de liberté de choix. La décision en plus est une disqualification des parents qui sont ainsi directement soupçonnés de ne pas avoir su opter pour la bonne école. Quand l’État veut tout faire, c’est connu, il ne fait rien Par : Ghania Khelifi |