LE POUMON DE LA CAPITALE DANS L’AGONIE / Sauvez le Jardin d’essais du Hamma !
Classé
quatrième plus beau jardin botanique dans le monde durant l’époque coloniale,
le Jardin d’essais du Hamma n’est plus aujourd'hui qu'un espace livré au laisser-aller
et à la dégradation. Plusieurs plantes rares, dont le cycas, une variété rare
de palmier nain servant à ornementer, ont disparu.
Cet immense
jardin, le plus important du pays, était jadis un havre de paix, une oasis que
les familles algéroises et d’ailleurs visitaient régulièrement pour se reposer
à l’ombre de la végétation luxuriante des cocotiers, dragonniers et autres somptueux
arbres exotiques. Les enfants avaient l’avantage de jouer en toute sécurité sur
les grands espaces et les larges allées bien entretenues ou de se régaler dans
le parc zoologique en admirant des espèces animales rares. De ce tableau paradisiaque
il ne reste que la désolation. Beaucoup de variétés d’arbres et de plantes exotiques
ont subi les dégâts de la main destructrice de l’homme. Les arbres centenaires
sont actuellement en état d’agonie et ne tarderont pas à disparaître à jamais
sans que personne ait pensé à les remplacer. Quant aux animaux, beaucoup d’entre
eux sont morts. Si pour les responsables de cet établissement la cause de leur
mort reste inconnue, des sources précisent qu’elle serait liée à l’absence d’un
vétérinaire suspendu de ses fonctions par l’administration, suite à son incrimination
dans une affaire de vol. Officiellement, le Jardin d’essais est fermé au public
depuis août 2001, pour une large opération d’entretien et de rénovation. Mais
les choses ne semblent pas aller dans le sens souhaité, compte tenu des lenteurs
des services concernés. Les dernières pluies n’ont pas manqué d’apporter leur
«touche» au décor désolant. Les allées sont envahies à certains endroits par des
restes de branches, de feuilles mortes et de végétaux en état de décomposition
sous l’effet de l’humidité. Au niveau de la partie qui renferme la pépinière et
le laboratoire de reproduction des espèces végétales, ce n’est guère reluisant.
Les lieux sont vides. Même les petites plantes et les fleurs destinées à la vente
ou à la conservation ont disparu, offertes, selon notre source, à des responsables
pour la décoration domestique. Les deux bassins réservés à l’aquaculture au niveau
du «jardin français» ne remplissent plus leur fonction pour laquelle ils ont été
conçus. En matière de ressources humaines, le Jardin d’essais emploie 270 personnes
dont 64 agents de sécurité, ce qui semble insuffisant au vu de la superficie du
jardin. Cependant, certains employés se plaignent de la discrimination dont ils
font l’objet de la part de l’administration. «Beaucoup de nos collègues femmes
touchent la prime de rendement, alors qu’elles ne viennent qu’une à deux fois
par mois», dira l’un d’eux. Mais là c’est une autre histoire. Ce qui désole surtout
c’est l’état dans lequel se trouve cet immense jardin. Une situation catastrophique
dont sont la cause les premiers responsables qui ne donnent par l’impression de
s’inquiéter face à la dégradation du poumon de la capitale. Beaucoup de questionnements,
aucune vérité sur le silence et le laxisme affichés jusque-là par les gestionnaires
du Jardin d’essais qui, faut-il le rappeler, relève de l’agence nationale de la
conservation de la nature dont le directeur est interpellé en premier lieu.
Crédit: M. Salim
http://www.elwatan.com/journal/html/2003/01/04/sup_html.htm
| Menu presse du Maghreb | Retour à Accueil |