Instantané / La terre et le béton
Chez nous tout le monde s’attache à la terre. Chacun
à sa manière et sa propre conception bien sûr. Les agriculteurs le sont parce
que la terre continue de leur procurer un semblant de dignité même si l’environnement
général — politique et économique — ne le permet guère.
Les affairistes du foncier aussi éprouvent un
amour farouche aux lopins de terre. Non pas pour les cultiver, mais pour s’en
servir comme «assiette», un mot spécifique au domaine de l’urbanisme mais qui
a bien fini par gagner le vocabulaire de tout le monde, y compris de certains
agriculteurs pour qui l’on a graissé la patte. Les vergers de la capitale ont
été reconvertis au fil du temps en de véritables «exploitations de béton». Les
chiffres parlent, aujourd’hui, de 900 hectares de terres fertiles dont on a changé
de vocation et qu’on a bradé au vu et au su de l’autorité publique. Sinon comment
dire autrement puisque les textes régissant le foncier agricole existent et sont
clairs comme l’eau de roche. Les pouvoirs publics ont initié toutes sortes d’expansion
pour chaque secteur d’activité sauf pour celui de l’agriculture. On parle de ZET
(Zones d'expansion touristiques) et de ZHUN (Zones d'habitation urbaines nouvelles).
Deux formules d'expansion qui ont consommé de grandes étendues de terres fertiles,
jadis vouées à la céréaliculture, à la viticulture et à l’arboriculture fruitière.
Ces mêmes terres ont été, il y a plus de quarante ans, le vivier de l'Europe
et particulièrement de la France. Cela dit, la vocation agricole de la
terre doit être réhabilitée en faisant respecter la loi a tous. Avant cela tout
silence est complicité !
Par
Hakim Amara http://www.elwatan.com/journal/html/2003/01/09/sup_html.htm
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