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L'Algérie profonde
(Mercredi 18 Octobre 2006)
APC D'OULED MOUSSA Á BOUMERDÉS
3 hectares d'arbres
détruits
Par : Madjid T. Lu : (1990 fois)
Une
orangeraie de 3 hectares constituée de pas moins de 800 arbres
a été détruite par l'APC d'Ouled Moussa. Selon
le document de l'expert en agriculture, le préjudice de ce
massacre est évalué à plus de 10,8 millions
de DA sans parler des autres incidents écologiques qui, selon
des cadres de l'agriculture, sont irréparables.
Une orangeraie de 3 hectares a été complètement
saccagée par l'APC d'Ouled Moussa, juste pour être
urbanisée ! Il ne reste plus rien de cette plantation de
800 arbres dont les arômes arrosaient chaque matin les habitants
de cette ville qui exhale désormais l'odeur du ciment et
de la poussière. Ces arbres, qui formaient cette orangerie
située à la périphérie de la ville,
étaient considérés comme l'unique
souvenir de l'époque où la Mitidja alimentait en fruits
toute l'Europe. "Ils ont d'autres terrains, pourquoi
avoir touché à ces arbres ?" se demande ammi
Ahmed, un doyen du village qui regarde, impuissant, l'urbanisation
effrénée et sauvage de sa ville.
C'est sur instruction du P/APC de la commune que les ouvriers ont
procédé à l'arrachage de ces agrumes qui dépendent
de l'EAC n¡10 Haouchine-Abdelkrim.Ê Selon le document de l'expert
en agriculture, dont une copie est en notre possession, le préjudice
de ce massacre est évalué à plus de 10,8 millions
de DA, sans parler des autres incidents écologiques qui,
selon des cadres de l'agriculture, sont irréparables. Pourtant,
la durée de vie restante de ces arbres plantés en
1960 est de 15 années, souligne l'expertise. Selon M. Hezit
Dahmane, frère d'un membre de l'EAC Haouchine-Abdelkrim qui
gère les affaires de son frère malade et qui exerce
comme gardien au siège de l'APC d'Ouled Moussa, le P/APC
a décidé de transformer cette plantation en lotissement.
"Il nous a proposé 4 lots de terrain en échange
de la cession de cette parcelle destinée à être
divisée en lots et attribuée dans le cadre des réserves
foncières", affirme M. Hezit Dahmane qui ajoute : "Le
président de l'EAC s'est engagé à céder
à l'APC la parcelle alors qu'il n'a aucun droit." M.
Hezit a adressé plusieurs lettres auÊ ministère de
l'Agriculture et au wali de Boumerdès leur demandant de mettre
fin à "l'opération de cession illégale
qui, en plus, n'a pas obtenu l'accord des 3 membres de l'EAC",
précise-t-il dans ses lettres. M.Hezit s'interroge encore
: "Comment a-t-on pu supprimer 800 arbres fruitiers sans demander
l'autorisation aux services des forêts comme le stipule la
loi ? Où est l'État ? Où sont les responsables
de ce pays ?" s'insurge M. Hezit qui vient d'être licencié
pour "abandon de poste". C'est ce que énonce la
décision de notification qui lui a été remise
en date du 1/10/2006, mais il est convaincu que le motif de son
licenciement est lié à l'affaire de l'orangeraie.
"Voilà ce qui vous arrive à Ouled Moussa lorsque
vous dérangez l'ordre établi", lâche-t-il
très désemparé. Alors que nos tentatives de
toucher le président de l'EAC sont demeurées vaines,
le président de l'APC, qui nous a reçus dans son bureau,
affirme que "cette parcelle qui appartient toujours à
l'EAC se trouve à l'intérieur du périmètre
et tôt ou tard, elle deviendra propriété de
l'APC". "Les arbres ont été effectivement
enlevés par l'APC mais dans des conditions d'urgence, car
on devait recevoir un don chinois de 200 chalets et on n'avait pas
un autre terrain où les mettre", précise-t-il.Ê
M. Moussaoui ajoute que "le premier projet d'équipement
qui sera attribué à l'APC sera implanté dans
cette parcelle qui va être régularisée conformément
à la réglementation".
M. T.
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