MAHELMA
/ La terre comme au bon vieux temps

L’architecture de ses bâtisses coloniales, sa placette centrale et son église construite par le maçon François Marquès durant les années 40 du XIXe siècle sont toujours là pour conter cette ville, ses champs et ses hommes : Mahelma.

Elle a été construite sur colline de la Mitidja en 1844 par les Français.

Et on raconte que le choix du site est lié à la découverte d’une importante nappe d’eau dans cette région.

D’ailleurs, les colons avaient commencé par la réalisation de sept puits pour l’alimentions d’une population de quelque 5 128 habitants entre musulmans et non-musulmans mais aussi pour l’arrosage des champs dont la vigne se taillait la grande part.

A titre de précision, un ancien habitant de cette ville indique que Mahelma est composée de deux mots distincts : «Mahel» qui veut dire l’endroit et «El Ma» qui veut dire l’eau, donc l’endroit de l’eau.

Plus d’un siècle et demi après, Mahelma n’est plus l’endroit de l’eau ni même celui de la vigne d’ailleurs.

Quatre de ses puits sont à sec depuis quelques années plongeant la ville dans une sécheresse chronique au point où ses habitants recourent actuellement à l’achat de citernes d’eau potables pour leurs besoins.

Les habitants ont abandonné le travail de la terre et l'élevage pour émigrer dans les villes avoisinantes comme Zéralda et Staouéli à la recherche d’un travail dans le domaine des services ou dans ce que les habitants appellent «El Idara»...

L’administration post-indépendance y était sans doute pour quelque chose, notamment durant la décennie 90 où aucun projet agricole n’a été initié.

Désormais, Mahelma sera connue par sa nouvelle ville de Sidi Abdellah où il y aura des logements, des club de sports, un Cyberpark et toutes sortes d’universités hautement modernes. Les habitants en savent-ils au moins quelque chose ?
«La plupart des habitants ont été obligés de vendre leurs terrains pour la réalisation de cette nouvelle ville alors que les autorités auraient pu les préserver et initier des projets agricoles dans notre commune», dira un habitant du village qui était un élément des groupes d’autodéfense de Mahelma.

La priorité aux yeux des habitants, ajoute-t-il, «c’est de trouver du travail et des mouthaqafine (intellectuels) pour la gestion de la commune». Notre interlocuteur connaît parfaitement cette localité et le poids de ses tribus : Zaâtria et Sidi Abdellah ainsi que les rouages des responsables locaux qui, une fois élus, font de l’APC une chasse gardée.

«Ils ne reçoivent même pas les citoyens, et la majorité d’entre eux ne sont pas des mouthaquafine.»

Cette fois-ci, ajoute-t-il, «les choses vont changer et les deux formations FLN et RND  longtemps aux commandes seront destituées pour laisser la place à d’autres formations.

Vous savez ici à Mahelma tout se joue au douar, là-bas les gens portent toujours les armes et servent de lobby fort pour changer les choses.»


Par H. A. 
http://www.elwatan.com/journal/html/2002/10/07/sup_html.htm

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