| repris de liberte, qotidien d'Alger Par : Mustapha Hammouche Le premier tour des législatives a déblayé la voie parlementaire pour la toute-puissance du président Sarkozy. Certains, dans l’UMP, commencent à s’en inquiéter. Ils ont peut-être raison car, comme le veut une loi de la nature, “plus dure sera la chute” quand l’ascension est d’une telle rapidité et d’une telle amplitude. Il n’est pas régulier de faire un bilan d’une présidence qui débute, mais déjà ses engagements en matière diplomatique connaissent quelques précoces démentis. Quand ce n’est pas de franches révisions, comme celle qui a concerné la nouvelle orientation française concernant les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Europe. Le président français, qui devait faire valoir sa position auprès d’Angela Merkel le soir même de son installation, a dû, selon certaines indiscrétions, dépêcher un discret émissaire à Ankara pour reformuler son attitude de manière bien moins tranchée. Il a peut-être appris à Berlin qu’on ne refait pas la feuille de route de l’Europe en fonction des promesses électorales nationales. Sur ce plan, il aura aussi à arrêter son idée de texte constitutionnel “simplifié” et à préciser ses intentions en matière de TVA. La fin de la confusion entretenue sur ses intentions fiscales est aussi attendue en France. Là, il pourra toujours faire patienter l’opinion publique en précipitant sa campagne d’expulsion des sans-papiers. Le Soudan, qui n’est pas en position de plastronner, a profité du fait que Kouchner fasse la maladresse d’arriver à Khartoum, le jour où s’ouvrent des consultations ONU-UA-Soudan à Addis-Abeba, pour le rabrouer au sujet du projet de conférence sur le Darfour. C’est donc un Sarkozy triomphant, mais connaissant ses premiers couacs qui est promis à une visite en Algérie qu’on nous dit imminente. Nous avons eu tout le loisir de vérifier, avec Chirac, l’improductivité des visites quand elles ont pour fonction de proclamer les bonnes intentions des hôtes réciproques et la considération mutuelle. Et pourtant, voici que, une fois “l’accord d’amitié” enterré, commence le battage du “partenariat d’exception” ! Nous sommes incontournables pour le projet d’“union méditerranéenne” de Sarkozy et cela suffit pour transformer une visite d’État en un plébiscite de politique locale. L’ambassadeur de France a bien tenté de ramener le débat au niveau de rapports qu’on peut souhaiter en l’état actuel des choses en rappelant que la position de Sarkozy sur la question de la repentance jouit d’un consensus de toute “la classe politique” en France. L’intérêt de Paris pour sa “part de marché” en Algérie, son souci de sécurité énergétique ou la demande de réciprocité en matière de visas que le diplomate a évoqués peuvent constituer des bases pour envisager des perspectives réalistes de relations entre les deux pays. Surtout qu’en face, Sarkozy semble aussi cultiver une précipitation à risque. Cela ferait peut-être avancer les rapports bien mieux que la réédition des acclamations ayant entouré un traité d’amitié qui a pratiquement fini dans l’offense. Quitte à constater que si les progrès ne sont pas encore possibles, mieux vaut entretenir la sérénité qui préservera l’avenir des rapports entre nos générations prochaines. M. H. musthammouche@gmail.com
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